Le président kényan William Ruto a ordonné la fermeture des petits commerces exploités par des étrangers, provoquant inquiétude et confusion, notamment chez les ressortissants burundais. Plusieurs se sont précipités vers leur ambassade pour se régulariser ou avoir un laissez-passer de retour au pays.
La directive présidentielle, annoncée le 2 septembre lors d’une rencontre avec des petits commerçants kényans, a rapidement suscité des réactions. « Lundi [7 septembre], ils vont devoir mettre fin à leurs activités », a-t-il affirmé devant des commerçants kényans réunis au palais présidentiel, à Nairobi. William Ruto a estimé que les petits commerces comme la vente ambulante ou la vente dans les petites boutiques, devaient davantage profiter aux Kényans.
Sur le terrain, l’annonce a provoqué un mouvement de panique parmi plusieurs ressortissants étrangers. À Nairobi, des centaines de Burundais se sont notamment rendus à leur ambassade pour obtenir des documents, régulariser leur situation ou envisager un retour au pays. Cela fait suite à une annonce de distribution gratuite de documents de voyage d’urgence aux citoyens souhaitant rentrer chez eux.
Certains commerces ont fermé leurs portes tandis que des témoignages font état de menaces et de cas de harcèlement. Les organisations de défense des droits de l’homme avaient déjà souligné le fait que cette décision pourrait attiser des comportements xénophobes envers les étrangers.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) compte environ 16 000 réfugiés et demandeurs d’asile burundais au Kenya. Mais le nombre de personnes touchées pas cette mesure reste inconnue.
Face aux inquiétudes, les autorités kényanes ont cherché à clarifier la portée de la décision. Le gouvernement affirme qu’il ne s’agit pas d’un ordre général demandant aux étrangers de quitter le Kenya. Les personnes disposant d’un permis de travail, d’une licence commerciale et des documents d’immigration nécessaires peuvent continuer leurs activités.
Le gouvernement a également annoncé une amnistie temporaire pour les ressortissants d’Afrique de l’Est sans papiers, afin de leur permettre de régulariser leur situation. Cette crise intervient alors que le Kenya cherche à protéger les opportunités économiques de ses citoyens, tout en évitant une montée des tensions xénophobes avec ses voisins de la Communauté d’Afrique de l’Est.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU