Selon le calendrier établi par le gouvernement béninois, la rentrée scolaire 2026-2027 est fixée au lundi 14 septembre prochain dans les établissements primaires et secondaires. À quelques jours de cette échéance, les préparatifs s’accélèrent aussi bien dans les écoles que dans les familles. Mais à mesure que la date approche, la rentrée scolaire ne se présente pas de la même manière pour tous les parents. Certains peinent à débourser les sommes nécessaires pour acheter les fournitures scolaires de leurs enfants.
À l’heure de la rentrée des classes, dans certaines familles, les dépenses deviennent doubles, voire triples. À cela s’ajoutent les dépenses quotidiennes, notamment les provisions de la maison, auxquelles certains ménages doivent également faire face. Mais la rentrée est là. La scolarité des enfants, loin d’être une simple obligation, s’impose à tous les parents qui rêvent de voir leur progéniture devenir de grandes personnalités demain.
En effet, les achats de fournitures scolaires ont déjà commencé dans plusieurs familles. Les listes remises par les établissements sont passées en revue. Cahiers, stylos, livres, sacs, chaussures, uniformes et autres accessoires doivent être réunis avant la reprise. Une tâche qui demande des moyens et qui n’est pas toujours facile pour les ménages.
Maman Tobi, mère de trois enfants, en sait quelque chose. Elle a déjà commencé les achats, mais n’a pas encore pu tout prendre. « J’ai acheté une partie des fournitures. Il reste encore les chaussures, les sacs et quelques livres. Je vais continuer progressivement », explique-t-elle. Pour elle, il faut surtout éviter de vouloir tout régler en une seule fois. « Quand tu as plusieurs enfants, les dépenses s’accumulent. Il faut regarder ce que tu as avant de décider ce que tu peux acheter », ajoute-t-elle.
Cette situation oblige certains parents à établir des priorités. Les fournitures les plus importantes sont achetées en premier, tandis que d’autres attendent. Une méthode qui permet de préparer progressivement la rentrée, mais qui montre aussi les difficultés rencontrées par certaines familles.
Armand, conducteur de taxi-moto et père de deux enfants, procède de la même manière. « Pour le moment, j’ai acheté les cahiers, les stylos et quelques fournitures. Je n’ai pas encore terminé. Je dois encore acheter les sacs, les chaussures et d’autres articles. » Le père de famille explique que les dépenses scolaires viennent s’ajouter aux charges habituelles. « Il faut aussi penser à la nourriture, au transport et aux autres besoins de la maison. Quand tout arrive en même temps, il faut faire des choix », souligne-t-il.
Le constat est similaire chez Maman Grâce. Ses enfants doivent également reprendre les cours dans quelques jours. Les préparatifs ont commencé, mais la liste n’est pas encore entièrement réglée. « À l’approche de la rentrée scolaire, je me sens stressée, car il faut que je fasse tout mon possible pour que les enfants aillent à l’école. Je ne sais pas comment faire face à mes responsabilités », confie-t-elle. Mais elle n’a pas le choix de jouer sa partition : « J’ai déjà acheté certaines fournitures. Je prends le reste petit à petit. Je veux terminer avant la rentrée, mais il faut tenir compte de ce qu’on a comme moyens », a-t-elle confié.
À en croire cette dernière, la rentrée représente une période où les dépenses augmentent rapidement. « Quand on additionne tout ce qu’il faut acheter pour un enfant, cela fait déjà beaucoup. Avec plusieurs enfants, c’est encore plus compliqué », fait-elle remarquer.
Ces témoignages mettent en évidence une préparation qui se fait au rythme des moyens disponibles. Dans certaines familles, les parents ont déjà réuni l’essentiel. Dans d’autres, les achats sont encore en cours. La morosité économique pousse ainsi certains ménages à étaler les dépenses et à revoir leurs priorités.
La situation est d’autant plus sensible que la rentrée intervient alors que les familles doivent continuer à faire face à leurs charges habituelles. Pour les parents ayant plusieurs enfants scolarisés, la facture peut rapidement augmenter. À une semaine de la reprise, la priorité est donc de compléter les listes. Certains parents espèrent encore réunir les moyens nécessaires avant le 14 septembre. D’autres devront poursuivre les achats après la rentrée, en fonction de leurs possibilités.
Dans les stands, chacun regarde selon ses moyens
Dans les points de vente, les scènes se ressemblent. Les parents parcourent les étals, se renseignent sur les tarifs et comparent les articles avant de décider de leurs achats. Certains remplissent progressivement leurs sacs, tandis que d’autres repartent avec quelques fournitures seulement.
À Parakou comme à Cotonou, les clients se plaignent du coût des fournitures scolaires, quand bien même les prix n’auraient pas varié par rapport à l’année dernière. Sur plusieurs points de vente, les acheteurs discutent le montant avant de finaliser leurs achats.
Pour Hugues, vendeur de fournitures, la négociation fait partie des habitudes de certains clients. « Ils débattent d’abord avant de payer », explique-t-il.
Le constat est le même chez Françoise, commerciale au stand de l’échangeur à Godomey. « Concernant les prix, certains débattent et d’autres non », ajoute-t-elle.
Selon Nestor, rencontré sur place à Sédomey, « les clients cherchent souvent à obtenir une réduction. Même lorsque les prix sont abordables, ils demandent toujours une diminution ». Il reconnaît toutefois qu’en période de forte affluence, les parents achètent bien.Concernant les prix, ils varient selon la qualité. Pour les cahiers, les tarifs relevés sont notamment de 1 200 FCFA pour 200 pages, 2 200 FCFA pour 300 pages et 1 200 FCFA pour 100 pages.
Pour l’heure, c’est la course contre la montre qui s’observe de part et d’autre. Parents, élèves et vendeuses s’activent chacun de leur côté pour les préparatifs de la rentrée.
Alola BIAOU