Plus d’un an après avoir engagé le processus de réunification de l’Église du Christianisme céleste, Patrice Talon continue de s’investir dans ce dossier. Désormais ancien président de la République, il poursuit une démarche qu’il avait déjà portée lorsqu’il était au pouvoir. Son récent déplacement en France pour rencontrer des fidèles vient relancer les interrogations sur les raisons profondes de cet engagement.
À l’époque où il exerçait les fonctions de chef de l’État, l’implication de Patrice Talon dans la recherche de l’unité au sein de l’Église du Christianisme céleste pouvait être comprise comme une initiative visant à contribuer à l’apaisement d’une communauté religieuse profondément divisée. Une démarche qui, sur le principe, est non contestable au regard de la recherche de la paix sociale et de la cohésion nationale. Néanmoins, aujourd’hui, le contexte a changé. Patrice Talon n’est plus président de la République. Pourtant, il continue de porter avec insistance l’idée d’une réunification intégrale de cette Église.
Pourquoi y tient-il donc autant ? Pourquoi l’église du christianisme céleste de façon spécifique ? Les questions méritent d’être posées. Au fil du temps, plusieurs initiatives ont été entreprises sous son impulsion. Elles ont notamment conduit à la mise en place d’un Conseil supérieur chargé de la mise en œuvre des recommandations dans l’espoir de rapprocher les différentes composantes de l’Église. Mais au-delà de ces mécanismes institutionnels et des arguments officiellement avancés, une interrogation demeure : qu’est-ce qui explique une telle persistance ? Le récent déplacement de Patrice Talon en France et sa prochaine descente en Côte d’Ivoire pour rencontrer des fidèles apporte un nouvel élément à ce questionnement. Pourquoi un ancien chef de l’État continue-t-il personnellement à s’impliquer dans une question relevant d’abord de l’organisation interne d’une communauté religieuse ?
Pourquoi cela occupe une place aussi importante dans ses préoccupations après son départ du pouvoir ? Pour beaucoup, on soupçonne l’existence d’enjeux qui dépassent la seule question de l’unité religieuse. Plus l’ancien président insiste, plus les interrogations se multiplient. Pour ceux qui connaissent l’ancien président de la République, Patrice Talon il a une carte à jouer en menant toutes ces démarches. Il a un intérêt qu’il vise. Cela peut se traduire de plusieurs manières. Dans une société où les rapports entre pouvoir politique et organisations religieuses sont particulièrement sensibles, toute implication prolongée d’une personnalité politique dans les affaires d’une confession ne peut qu’alimenter le débat. Une chose est certaine. Si la réunification du Christianisme céleste constitue réellement l’objectif unique, la transparence sur les motivations, la méthode et la finalité de cette implication contribueront à répondre aux questions que suscite cette obsession.
Alassane Touré