Après les déclarations de Patrice Talon en France : Le CCDB dénonce une « dérive monarchique »
Les déclarations de Patrice Talon à Saint-Ouen-sur-Seine, le 29 août 2026, sur un futur texte encadrant les associations religieuses suscitent une vive réaction du Comité Culturel pour la Démocratie au Bénin (CCDB). Dans un communiqué publié ce 6 septembre à Paris, l’organisation s’interroge sur le rôle de l’ancien président de la République, devenu président du Sénat, dans la préparation et l’annonce du calendrier d’adoption d’une future loi. Le CCDB y voit une nouvelle illustration de la concentration du pouvoir et appelle à la vigilance et à la mobilisation du peuple béninois et de la diaspora.
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DÉCLARATIONS DE PATRICE TALON EN FRANCE
LE CCDB S’INDIGNE, PROTESTE, CONDAMNE ET APPELLE À METTRE FIN À LA DÉRIVE MONARCHIQUE EN COURS
COMMUNIQUÉ
LES FAITS
Le samedi 29 août 2026, à Saint-Ouen-sur-Seine, en France, devant des responsables et fidèles de l’Église du Christianisme Céleste, Patrice Talon, ancien président de la République et actuel président du Sénat, a fait une annonce qui interpelle tout le peuple béninois.
Évoquant l’encadrement des associations religieuses au Bénin, il a déclaré : « Il y a un texte qui est en préparation, qui sera voté au plus tard au milieu de l’année prochaine 2027. » Il a affirmé travailler lui-même sur ce texte et avoir déjà échangé sur la question avec plusieurs dirigeants africains.
Ainsi parle non plus le président de la République, mais l’ancien président devenu président du Sénat !
Le CCDB joint sa voix au tollé suscité par ces déclarations au Bénin et dans la diaspora.
Au-delà de la question des organisations religieuses, elles posent une question politique et constitutionnelle majeure : _au nom de quelle compétence le président du Sénat prépare-t-il personnellement un texte de loi, en annonce-t-il le contenu et en fixe-t-il déjà l’horizon d’adoption ?_
Ces faits confirment les inquiétudes exprimées lors de l’adoption, le 15 novembre 2025, de la révision constitutionnelle instituant le Sénat, promulguée le 17 décembre 2025.
Le Parti Communiste du Bénin (PCB), l’Alliance pour la Patrie et le Panafricanisme (APP), l’Unité d’Actions Patriotiques de la Diaspora Béninoise (UAPDB), le lComité Culturel pour la Démocratie au Bénin (CCDB) et d’autres démocrates et patriotes avaient dénoncé cette réforme et alerté sur le risque de voir cette nouvelle institution prolonger, au-dessus des institutions ordinaires de la République, le pouvoir politique de l’ancien chef de l’État.
Ils s’opposaient à son installation et demandaient sa suppression.
Faute d’une mobilisation populaire suffisamment puissante pour faire obstacle à cette entreprise, le Sénat a été installé avec Patrice Talon à sa présidence.
LA VÉRITÉ DES FAITS
La Constitution est pourtant claire.
Son article 105 dispose que l’initiative des lois appartient concurremment au président de la République et aux membres de l’Assemblée nationale. Si le Sénat reçoit les projets et propositions de loi et exerce les compétences que lui attribue la Constitution, celle-ci ne confère expressément l’initiative des lois ni au Sénat, ni à son Bureau, ni à son président.
Or Patrice Talon annonce publiquement qu’un texte législatif est en préparation, affirme travailler lui-même sur celui-ci, en précise l’objet et annonce même l’échéance à laquelle il devrait être voté.
C’est là que se trouve le problème politique et institutionnel.
Il ne s’agit pas de contester à un citoyen le droit de réfléchir ou de proposer. Mais lorsqu’un ancien président de la République, devenu président du Sénat, parle d’une future loi comme s’il disposait encore des leviers permettant d’en conduire l’élaboration et d’en annoncer l’adoption, une question fondamentale se pose :
Qui gouverne réellement le Bénin ?
Qui décide de la préparation des lois, de leurs priorités et de leur calendrier ? Le président de la République et les institutions constitutionnellement compétentes, ou l’ancien président devenu président du Sénat ?
Les déclarations de Saint-Ouen confortent ainsi les avertissements formulés depuis la création du Sénat : le risque de voir s’installer, au-dessus ou à côté des pouvoirs constitutionnellement établis, un centre de pouvoir politique dominé par l’ancien chef de l’État.
C’est cette concentration et cette personnalisation du pouvoir que le *CCDB* dénonce comme une dérive monarchique.
POSITION DU CCDB
Face à cette situation, le Comité Culturel pour la Démocratie au Bénin (CCDB) :
- s’indigne de cette nouvelle manifestation de confusion des rôles et des pouvoirs ;
- proteste vigoureusement contre toute tentative de faire du Sénat et de son président un pouvoir politique supérieur aux institutions constitutionnellement compétentes ;
- condamne la concentration et la personnalisation du pouvoir ainsi que les dérives autoritaires, despotiques et monarchiques qui en résultent ;
- appelle le peuple béninois et sa diaspora à la vigilance et à la mobilisation pour défendre la souveraineté populaire et les libertés démocratiques ;
- appelle les différentes confessions religieuses à demeurer vigilantes face à toute tentative de caporalisation des libertés de conscience, de religion, d’association et de culte ;
- réaffirme son exigence de suppression du Sénat et appelle les forces démocratiques, patriotiques et populaires du Bénin et de la diaspora à unir leurs actions pour mettre fin à la dérive monarchique en cours.
La souveraineté appartient au peuple béninois.
C’est à lui de reprendre la parole et de se mobiliser pour ouvrir la voie à un nouvel ordre politique et démocratique, notamment par la convocation d’une nouvelle Conférence nationale, afin de refonder le vivre-ensemble sur la souveraineté populaire, les libertés, la démocratie et l’indépendance nationale.
NON À LA MONARCHISATION DU BÉNIN !
NON À LA CONFISCATION DE LA SOUVERAINETÉ POPULAIRE !
POUR LA MOBILISATION DU PEUPLE ET DE LA DIASPORA !
POUR UNE NOUVELLE CONFÉRENCE NATIONALE !
Fait à Paris le 06 septembre 2026
La cellule de communication du CCDB.