Les véhicules administratifs sont censés incarner l’autorité et le respect des règles. Pourtant, certains conducteurs semblent considérer leur statut comme un permis de transgresser le Code de la route. Excès de vitesse, dépassements dangereux, circulation en sens inverse et parfois accidents : ces comportements posent la question de la responsabilité de ceux qui conduisent les véhicules de l’État.
Il suffit parfois d’une plaque bleue pour que certains automobilistes pensent que la route leur appartient. Sur les axes urbains comme sur les voies inter-États, des véhicules administratifs sont régulièrement accusés de filer à vive allure, de multiplier les manœuvres dangereuses ou de s’affranchir des règles élémentaires de circulation. Une attitude d’autant plus inquiétante que ces véhicules représentent l’administration et, indirectement, l’État.
En effet, une récente publication du journaliste Ignace Sossou illustre tristement cette situation. Selon son témoignage, un véhicule à plaque bleue aurait pris le sens inverse sur l’axe Fifadji–Stade Mathieu Kérékou pour éviter les embouteillages, avant de renverser une motocycliste près du carrefour de la pharmacie Zogbo. Cette situation rappelle jusqu’où peut conduire l’incivisme au volant.
Il urge de souligner que le problème ne se limite pourtant pas à cet incident. Sur certaines routes inter-États, il n’est pas rare de voir des véhicules estampillés de l’administration rouler à des vitesses qui mettent en danger les autres usagers. Dépassements hasardeux, vitesse excessive et refus de céder le passage peuvent transformer une simple erreur de conduite en drame. Or, le statut administratif du véhicule ne devrait jamais être confondu avec un privilège sur la route. Une mission officielle peut justifier une certaine urgence, mais elle ne saurait autoriser la mise en danger des citoyens. Même lorsqu’une intervention nécessite de se déplacer rapidement, la prudence doit rester une obligation.
Plus grave encore, lorsqu’un véhicule de l’État provoque un accident, c’est la confiance dans l’administration qui prend un coup. Le citoyen qui voit un conducteur censé représenter la puissance publique bafouer les règles peut légitimement se demander pourquoi lui-même devrait les respecter. Les plaques bleues doivent donc rappeler une responsabilité supplémentaire, et non conférer un sentiment d’impunité. L’État gagnerait à renforcer le contrôle des conducteurs de ses véhicules, à sanctionner les comportements dangereux et à rappeler régulièrement que nul n’est au-dessus du Code de la route.
Car sur la route, une plaque bleue ne protège personne contre un accident. Et surtout, elle ne doit jamais devenir un permis de mettre la vie des autres en danger.
ASG