Le Bénin veut davantage arrimer la formation aux réalités du marché du travail. À compter de l’année scolaire 2026-2027, de nouvelles offres de formation professionnelle seront ouvertes dans les Lycées Techniques Professionnels, avec à la clé le Diplôme de Technicien aux Métiers (Dtm). Une initiative qui répond à une préoccupation ancienne : celle de l’inadéquation entre les formations dispensées et les compétences recherchées sur le terrain.
Pendant des années, le décalage entre les programmes de formation et les besoins des entreprises a été régulièrement décrié. De nombreux jeunes sortent en effet du système éducatif avec des diplômes, mais sans toujours disposer des compétences directement mobilisables dans les secteurs qui recrutent. L’ouverture de ces nouvelles filières apparaît ainsi comme une tentative de réponse à une équation longtemps restée sans véritable solution : former autrement pour faciliter l’insertion professionnelle.
Le communiqué du ministère présente des formations dans des secteurs particulièrement concrets : électricité, énergies renouvelables, froid sanitaire et conditionnement d’air, maintenance électronique et multimédia, réseaux et sécurité informatique, maintenance des voitures particulières, gros œuvre, géométrie-topographie et études du bâtiment. Les débouchés annoncés vont de technicien et installateur à responsable d’atelier, chef d’équipe ou entrepreneur. Cette orientation mérite donc d’être davantage connue des familles. Les parents d’élèves ne devraient pas considérer les filières techniques comme des choix de second rang.
Elles peuvent constituer de véritables parcours de qualification et d’autonomisation professionnelle, notamment dans des domaines comme le numérique, l’énergie, l’automobile et le bâtiment. Encore faut-il que l’effort ne s’arrête pas à l’ouverture des filières. Le gouvernement a désormais la responsabilité de créer toutes les conditions nécessaires à leur réussite : équipements adaptés, ateliers fonctionnels, enseignants qualifiés, stages en entreprise et actualisation régulière des programmes. L’objectif affiché est précisément de doter les jeunes de compétences pratiques adaptées aux besoins du marché du travail. Aux parents, donc, de s’informer et d’examiner ces nouvelles possibilités avec leurs enfants. Aux pouvoirs publics, surtout, de faire en sorte que les diplômes obtenus ouvrent réellement les portes de l’emploi.
Mohamed Yèkini