Deux ans derrière une porte fermée, avec le monde extérieur réduit aux visites. Pour sa première prise de parole après sa libération, Steve Amoussou a raconté une autre facette de son séjour en prison : celle de l’isolement et de l’épreuve mentale qu’il dit avoir traversée à Akpro-Missérété.
Pendant son séjour carcéral, Steve Amoussou dit avoir vécu deux années presque entièrement coupé de l’extérieur. Reclus dans une cellule à la prison d’Akpro-Missérété, il ne pouvait en sortir que pour recevoir ses visiteurs, selon son témoignage livré à Bip Radio.
Cette longue période d’isolement a constitué, à l’en croire, l’une des principales difficultés de sa détention. L’épreuve n’était pas seulement liée aux conditions de vie en prison. Elle était aussi psychologique, avec des journées passées dans un espace réduit et un quotidien largement rythmé par l’attente.« J’ai passé deux ans à l’isolement, où j’étais reclus dans une cellule et ne pouvais sortir que pour recevoir mes visiteurs », a-t-il expliqué.
Vingt-quatre mois dans ces conditions demandent, selon lui, une véritable force mentale. « Cela demande un effort psychologique, un effort mental relativement important », a ajouté Steve Amoussou.
Pour autant, l’ancien détenu ne met pas en cause le personnel pénitentiaire. Dans ses premières confidences, il a plutôt salué le comportement des agents qui ont assuré sa surveillance et sa prise en charge durant son incarcération. « Je veux louer le professionnalisme du personnel pénitentiaire qui fait son travail avec beaucoup d’humanisme ».
Désormais, une autre réalité commence pour Steve Amoussou : retrouver ses proches, reprendre ses habitudes et se réadapter à un quotidien dont il a été éloigné durant deux ans. Jeudi, aux environs de 6 heures 30, le portail de la prison s’est refermé derrière lui. Steve Amoussou était redevenu un homme libre. Un sentiment qu’il a résumé en quelques mots : « Autour de 6h30, j’étais déjà un citoyen libre. Je suis en bonne santé, c’est une grâce. »
En rappel, son témoignage intervient au terme d’une procédure judiciaire qui avait débuté en août 2024. Interpellé à Lomé, au Togo, le 12 août 2024, Steve Amoussou avait ensuite été transféré au Bénin et placé sous mandat de dépôt le 20 août de la même année.
La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) l’avait condamné, le 2 juin 2025, à deux ans d’emprisonnement ferme et à une amende de deux millions de francs CFA. La peine avait été confirmée en appel le 15 décembre 2025. Les faits retenus concernaient notamment le harcèlement par voie de communication électronique, la diffusion de fausses nouvelles et l’incitation à la rébellion.
Présenté par la justice béninoise comme étant « Frère Hounvi », Steve Amoussou a ainsi passé 24 mois derrière les barreaux avant de recouvrer sa liberté jeudi 20 août 2026.
Alola BIAOU