Le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a précisé les conditions d’une réouverture de la frontière avec le Bénin lors de sa grande interview accordée à la RTN. Ces déclarations interviennent alors que les deux pays multiplient les initiatives diplomatiques pour normaliser leurs relations après près de trois ans de crise.
Au cours de son entretien diffusé le samedi 25 juillet sur la Radiotélévision du Niger (RTN) dans le cadre des trois ans de la transition, le général Abdourahamane Tiani a réaffirmé que la réouverture de la frontière de Gaya-Malanville dépendait avant tout du rétablissement d’un climat de confiance et de garanties sécuritaires. Selon le président nigérien, la réouverture de la frontière doit se faire d’une manière à ce qu’ « aucun président béninois ou nigérien ne décide un jour de vouloir la (re)fermer selon ses humeurs ». Il insiste ainsi sur la mise en place d’un mécanisme durable capable d’empêcher la reprise d’une telle situation à l’avenir.
Selon lui, l’application des sanctions de la CEDEAO par le Bénin, suite au coup d’État ayant porté le dirigeant nigérien au pouvoir, a fragilisé les relations diplomatiques des deux pays frères. « Il a des plaies qu’il faut d’abord panser avant toute réouverture de la frontière avec le Bénin », a-t-il martelé. Il a également précisé qu’il y a des préalables à discuter avec le gouvernement béninois, afin d’assurer une ouverture « irréversible » de la frontière. Toutefois, le dirigeant nigérien, n’a pas annoncé une date pour cette ouverture de frontière, tant attendue par les deux peuples. « Nous n’avons pas une date précise pour l’ouverture », a-t-il précisé.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de rapprochement diplomatique amorcé après la visite officielle du président béninois Romuald Wadagni à Niamey, le 2 juin dernier, première visite d’amitié d’un chef de l’État béninois depuis le changement de régime au Niger.
Les deux dirigeants ont adopté un plan en neuf points prévoyant la création d’un comité conjoint chargé d’examiner les modalités de réouverture de la frontière, le renforcement de la coopération sécuritaire, la relance de la Commission mixte de coopération et la levée progressive des obstacles aux échanges économiques. Les experts des deux pays ont depuis achevé une première phase de leurs travaux et remis leurs conclusions aux autorités.
Lors d’une visite de négociations à Cotonou les 20 et 21 juin 2026, le Niger a posé deux conditions « non négociables » pour rouvrir sa frontière avec le Bénin, fermée depuis juillet 2023. Niamey exige des accords de défense garantissant la non-agression et une coopération sécuritaire totale avec transparence sur les forces étrangères.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU