Le président américain Donald Trump a affirmé, mercredi à Ankara, que le cessez-le-feu conclu avec l’Iran était « terminé », accusant Téhéran d’avoir violé ses engagements. Cette déclaration intervient après une nouvelle vague de frappes entre les deux pays, faisant craindre un enlisement durable du conflit au Moyen-Orient.
La fragile trêve conclue en juin à Évian en Suisse entre les États-Unis et l’Iran semble avoir volé en éclats. En marge du sommet de l’OTAN à Ankara, le président américain Donald Trump a déclaré ce mercredi 8 juillet, que le protocole d’accord visant à ouvrir des négociations de paix était désormais « terminé ». « C’est simplement une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs », a-t-il lancé, qualifiant l’Iran de pays « malade ».
Cette rupture intervient après une nouvelle flambée de violence. Selon Reuters, Washington a mené des frappes contre plus de 80 cibles militaires iraniennes, affirmant répondre à des attaques contre des navires marchands dans le détroit d’Ormuz. En riposte, Téhéran a lancé des missiles et des drones contre des installations militaires américaines situées à Bahreïn et au Koweït, tout en accusant les États-Unis d’avoir violé l’accord de cessez-le-feu.
Parallèlement, l’administration Trump a rétabli plusieurs sanctions économiques et retiré une autorisation qui permettait à l’Iran de poursuivre certaines exportations de pétrole, accentuant la pression sur l’économie iranienne. Cette décision a été perçue par Téhéran comme une remise en cause des engagements pris dans le cadre des discussions indirectes menées avec la médiation du Pakistan et du Qatar.
Au-delà de l’affrontement entre Washington et Téhéran, cette nouvelle escalade alimente les craintes d’une déstabilisation durable du Moyen-Orient. Les tensions autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour près d’un cinquième du pétrole mondial, ont déjà provoqué une hausse des prix du brut et ravivé les inquiétudes des marchés mondiaux. Les efforts diplomatiques engagés ces dernières semaines apparaissent désormais fortement compromis, laissant planer le risque d’un conflit régional plus large impliquant plusieurs puissances de la région.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU