Abudja, Niamey, Ougadougou, Lomé, Abidjan, Porto Novo veut désormais être plus proche de ses voisins qu’elle ne l’a été ces dix dernières années. Dès son investiture le dimanche 24 Mai 2026, le Président Romulad Wadagni sort les grands moyens et déploie les grandes stratégies pour redynamiser la diplomatie béninoise en frappant aux portes des pays avec lesquels il prend langue pour aplanir les divergences qui pourrissent les relations entre ces peuples frères, depuis 216.
Isolé du monde entier, le Bénin a, pendant les dix ans de la rupture entretenu des relations très tendues avec presque tous les pays surtout de la sous région. Avec le Niger, les frontières béninoises sont restées fermées depuis la prise du pouvoir par les militaires, privant Niamey du Port de Cotonou et le Bénin des ressources qu’elle engrangeait grâce aux échanges commerciaux avec son voisin le Niger. Les pays de l’AES et même le Togo ont cessé de saluer en bons voisins le Bénin qui par actes et décisions s’est décrédibilisé auprès de ces États.
L’affaire Frère Hounvi enlevé en plein Togo sans l’accord de Lomé a été une des grandes pommes de discordes qui ont pourri les relations entre ces Nations sœurs. Même le grand voisin de l’Est, le Nigéria avait fermé ses frontières au Bénin à cause des pratiques qui ont fini par dégrader l’axe Abudja-Porto Novo. En 10 ans, presqu’aucun président des pays voisins en dehors du Nigéria, n’a mis pieds au Bénin. Dans les autres continents, les Chefs d’États et de Gouvernements ont tout le temps observé de loin la gouvernance du Bénin telle que menée par le régime dit de la rupture et s’étaient même éviter d’être proches de quelque manière que ce soit de Porto Novo.
Cet isolement a fermé des portes par lesquelles des opportunités entrent au grand bonheur de ses populations. Conséquences, le Bénin s’est contenté des lourdes taxes et autres mesures économiquement et financièrement insoutenables par le contribuable, pour tenir sa trésorerie et son hypothétique développement.
Pour avoir été ministre de l’économie et des finances pendant les 10 années de la rupture, le président Romuald Wadagni a eu, sans doute, le temps de mesurer les conséquences économiques et financières que la diplomatie d’isolement pratiquée par son prédécesseur. Dans ses diagnostics, les échanges commerciaux entre les pays voisins pèsent, certainement, trop lourds dans l’assiette financière béninoise en miette, et le nouveau président veut la reconstituer. Au lieu d’aller en Europe ou ailleurs comme ses prédécesseurs au lendemain de leur investiture, Romuald Wadagni quant à lui, veut s’assurer que son entourage est favorable et prêt à marcher avec lui pour le redressement de l’économie béninoise et surtout la stabilité et l’amélioration des relations de bon voisinage.
En optant pour cette diplomatie offensive et dynamique, complètement opposée à celle de la rupture, Wadagni veut rompre avec la méthode de gouvernance de son prédécesseur pour s’occuper, non pas par la ruse et la rage, mais réellement des problèmes des béninois qui aspirent profondément au changement après 10 années de rupture sans partage. En restant ministre de Patrice Talon, le nouveau président du Bénin avait son plan et ne fait certainement que commencer sa mise en œuvre pour penser toutes les plaies laissées par son ancienne équipe gouvernementale. Qui veut aller loin ménage sa monture dit la sagesse.
En se levant si tôt pour aplanir les incompréhensions entre les pays voisins et surtout éteindre le feu là où il brûle encore, le président Romuald Wadagni sait et à conscience du travail à faire et du chemin à parcourir s’il veut satisfaire aux attentes des béninois. Après avoir rétabli les liens entre les voisins du Bénin et redonner confiance à ces pays, Romuald Wadagni devra également repasser la main aux opérateurs économiques béninois écartés de tout depuis 10 ans, dialoguer avec les tous les acteurs politiques pour décrisper l’atmosphère politique même si trêve y devrait avoir, libérer les détenus et laisser rentrer tous les exilés politiques, faire renaitre la démocratie béninoise, redonner espoir aux enseignants, et donner aux béninois leur liberté d’expression et de manifestation sans oublier l’amélioration de leur condition de vie et de travail en combattant réellement la précarité sur tous les plans.