Le gouvernement franchit un nouveau cap dans la gestion des finances publiques. L’Exécutif a transmis à l’Assemblée nationale un projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026, marquant une révision significative du budget de l’État.
Désormais estimé à 4.086,620 milliards FCFA contre 3.783,984 milliards initialement votés, le budget enregistre une hausse d’environ 8 %. Cette révision s’inscrit dans la volonté des autorités d’adapter les prévisions budgétaires aux nouvelles orientations de l’action publique et aux priorités fixées au sommet de l’État.
Selon les informations issues du Conseil des ministres, cet ajustement intervient dans un contexte de réorganisation gouvernementale et de redéfinition des priorités de développement. Malgré cette hausse globale, les projections économiques restent inchangées, avec une croissance attendue à 7,5 %.
Dans les grandes lignes, les dépenses de personnel reculent de 9,8 %, sans impact annoncé sur les recrutements ou le fonctionnement des services publics. À l’inverse, les investissements publics progressent de 8,5 %, traduisant une volonté d’accélérer les chantiers structurants. Les recettes, elles, augmentent légèrement, autour de 2 %.
Sur le plan sectoriel, le texte met en avant plusieurs priorités sociales. Des ressources supplémentaires sont prévues pour améliorer l’accès à l’eau dans les écoles et centres de santé, renforcer la nutrition des jeunes enfants dès les mille premiers jours de vie, et consolider la couverture de l’assurance maladie obligatoire. L’État prévoit également de mieux accompagner les personnes en situation de mendicité et les enfants vulnérables.
L’éducation figure parmi les axes majeurs de cette révision. Le gouvernement annonce notamment l’extension progressive de la gratuité des frais de scolarité pour les filles du secondaire général à partir de la rentrée 2026-2027, ainsi que des investissements pour renforcer les cantines scolaires.
En matière de sécurité, un dispositif de vidéoprotection devrait être déployé dans les principales villes du pays afin de renforcer la surveillance. Le secteur de la santé bénéficiera également d’un appui renforcé, notamment pour la construction et la réhabilitation d’infrastructures hospitalières, dont la montée en puissance du CHIC de Calavi.
Dans ce lot, les infrastructures routières et d’assainissement ne sont pas en reste, avec de nouveaux investissements annoncés.
Enfin, le gouvernement maintient son soutien au monde agricole, à travers la subvention des intrants, dans un contexte marqué par les tensions sur les marchés internationaux et la nécessité de préserver la sécurité alimentaire.
Avec ce collectif budgétaire, l’exécutif entend donner une traduction financière rapide aux nouvelles orientations de son septennat, tout en affichant sa volonté de préserver les équilibres macroéconomiques.
Alola BIAOU