Au Bénin, pour des raisons économiques, des personnes préfèrent acheter un appareil déjà utilisé pendant que d’autres utilisent des téléphones prêtés par des proches ou récupèrent des appareils retrouvés après une perte. Pourtant, derrière ce geste qui paraît banal se cache un véritable danger susceptible de conduire à de graves ennuis judiciaires.
En effet, de plus en plus de personnes se retrouvent confrontées à la justice pour avoir utilisé un téléphone portable ayant déjà appartenu à un tiers. Beaucoup ignorent que chaque téléphone est identifié par un numéro unique permettant aux services compétents de retracer son historique d’utilisation. Ainsi, lorsqu’un appareil a servi dans le cadre d’activités illicites, son identification peut rapidement conduire les enquêteurs jusqu’à son utilisateur actuel.
Le bât blesse quand on sait que certains téléphones d’occasion ont parfois été utilisés dans des affaires de cybercriminalité, d’escroquerie en ligne, de fraude financière ou d’autres délits punis par la loi. Lorsque les investigations sont lancées, le détenteur du téléphone peut être considéré comme un suspect potentiel et être amené à se justifier devant les autorités compétentes. Dans certaines situations, la gravité des faits peut même conduire au placement sous dépôt en attendant la poursuite des enquêtes. Le risque ne concerne pas uniquement les appareils volés. Un téléphone prêté, acheté sans vérification préalable ou même retrouvé après une perte peut détenir des informations que le nouvel utilisateur ignore totalement.
C’est justement cette méconnaissance qui constitue le principal piège. La bonne foi de l’utilisateur ne suffit pas toujours à l’écarter immédiatement des soupçons lorsqu’une enquête est en cours. Face à cette réalité, la prudence doit être de mise. Les citoyens gagneraient à privilégier l’achat de téléphones neufs ou, à défaut, à exiger des preuves d’origine et des documents attestant de la propriété légale de l’appareil avant toute transaction.
De même, l’utilisation d’un téléphone retrouvé devrait systématiquement être précédée d’une déclaration auprès des autorités compétentes ou rétrocédé à son propriétaire. À l’heure où la lutte contre la cybercriminalité et les infractions numériques se renforce au Bénin, chacun doit prendre conscience de sa responsabilité. Un téléphone portable peut également constituer une pièce à conviction dans une enquête judiciaire. Pour éviter de se retrouver mêlé à des affaires dont on ignore tout, la vigilance demeure de mise. Mieux vaut prévenir que subir les conséquences d’un appareil au passé trouble.
Mohamed Yèkini