L’interception de 17 mineurs en route vers la Côte d’Ivoire a remis en lumière les risques persistants de traite, d’exploitation et de migration irrégulière des enfants au Bénin. Si les autorités ont rapidement réagi pour sécuriser les adolescents, une question demeure : pourquoi les associations et organisations engagées dans la défense des droits de l’enfant restent-elles si discrètes face à une affaire aussi préoccupante ?
L’interception de dix-sept mineurs au poste frontalier de Hounsahoué, dans la commune d’Aplahoué, est un événement qui mérite bien plus qu’un simple traitement sécuritaire. Derrière cette opération saluée des autorités béninoises se cache une réalité sociale inquiétante : des adolescents âgés de 12 à 17 ans, originaires de plusieurs départements du pays, se retrouvaient à bord d’un bus en partance pour la Côte d’Ivoire sans que leur déplacement n’ait suscité d’alerte en amont.
En effet, grâce à la vigilance de la Police républicaine et à la mobilisation des services sociaux, ces enfants ont pu être identifiés et pris en charge avant de franchir la frontière. L’intervention a permis d’éviter ce qui pourrait relever d’un réseau de migration irrégulière ou, dans le pire des cas, de traite d’enfants. Mais au-delà du soulagement, cette affaire soulève de nombreuses interrogations. Où sont les associations qui militent habituellement pour les droits des enfants ? Le Bénin compte pourtant plusieurs organisations de la société civile engagées dans la lutte contre les violences faites aux mineurs, la traite des enfants et leur exploitation. Pourtant, depuis l’annonce de cette interception, les réactions publiques demeurent rares, voire inexistantes.
Certes, l’action des autorités administratives, policières et sociales mérite d’être saluée. Toutefois, la protection de l’enfance ne peut reposer uniquement sur les institutions publiques. Les organisations spécialisées ont également un rôle essentiel de veille, de sensibilisation et d’interpellation. Leur voix est souvent déterminante pour attirer l’attention de l’opinion publique sur les dangers qui menacent les plus jeunes.
Cette affaire rappelle que la protection des enfants est une responsabilité collective. Elle exige une mobilisation constante de l’État, des familles, des communautés, mais aussi de la société civile. Le silence observé aujourd’hui autour du cas d’Aplahoué ne doit pas faire oublier l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention afin que plus aucun enfant ne soit exposé aux risques de traite, d’exploitation ou de migration clandestine.
ASG