Face à la multiplication des inondations sur le continent africain, l’Agence française de développement (AFD) renforce ses investissements en faveur de l’adaptation climatique. Entre infrastructures, systèmes d’alerte et gestion durable des bassins versants, l’institution mise sur une approche préventive pour limiter les pertes humaines et économiques.
Les inondations figurent parmi les catastrophes naturelles les plus dévastatrices en Afrique. Selon les Nations unies et la Banque africaine de développement, des millions de personnes sont touchées chaque année par ces phénomènes, aggravés par le changement climatique, l’urbanisation rapide et les insuffisances des infrastructures de drainage. Les pertes économiques se chiffrent en plusieurs milliards de dollars, tandis que des milliers de vies sont régulièrement bouleversées.
Pour répondre à ces défis, le groupe Agence française de développement (AFD) a fait de l’adaptation au changement climatique une priorité. En 2025, il a engagé 13,7 milliards d’euros de financements dans le monde, dont 7,8 milliards d’euros consacrés au climat. L’Afrique représente plus de la moitié de ses engagements avec 4,2 milliards d’euros de financements destinés au continent et près de 50 % de son portefeuille mondial concentré sur les pays africains.
L’AFD accompagne de nombreux projets visant à réduire les risques d’inondation. Ses interventions portent notamment sur la construction et la réhabilitation d’ouvrages de drainage urbain, la restauration des mangroves et des zones humides, la gestion intégrée des bassins versants, ainsi que le développement de systèmes modernes de prévision météorologique et d’alerte précoce. Ces investissements contribuent également à améliorer l’accès à l’eau, à protéger les terres agricoles et à renforcer la résilience des populations les plus exposées.
Plusieurs projets sont déjà en cours. Au Sénégal, l’AFD accompagne la modernisation des réseaux de drainage et la gestion des eaux pluviales dans l’agglomération de Dakar, régulièrement frappée par des inondations. En Côte d’Ivoire, elle soutient des ouvrages hydrauliques destinés à réduire les crues dans le district d’Abidjan. Au Togo, des programmes de gestion intégrée des bassins versants et d’assainissement urbain sont mis en œuvre pour limiter les risques dans le Grand Lomé.
Au Bénin, l’AFD participe au Programme d’assainissement pluvial de Cotonou (PAPC), un vaste chantier mené avec plusieurs partenaires internationaux. Ce projet prévoit la construction de canaux de drainage, de bassins de rétention et d’ouvrages hydrauliques destinés à mieux évacuer les eaux pluviales et à protéger des milliers de ménages contre les inondations récurrentes. Ces infrastructures ont permis au Bénin de résister face aux inondations récentes qui ont frappé plusieurs capitales de la sous-région.
Au-delà des infrastructures, l’AFD finance également des systèmes d’alerte précoce, la restauration des zones humides et le renforcement des capacités des collectivités locales. Pour les experts, ces investissements constituent une réponse indispensable, mais demeurent insuffisants face à l’accélération des phénomènes climatiques extrêmes. Ils appellent à une mobilisation accrue des États africains et des partenaires internationaux afin de transformer les engagements financiers en réalisations concrètes capables de protéger durablement les populations.
Les experts estiment toutefois que les besoins restent considérables. L’Afrique fait face à un déficit massif de financement de l’adaptation climatique, alors que les épisodes d’inondation gagnent en fréquence et en intensité. Pour l’AFD, la réponse passe par une combinaison d’investissements publics, de financements privés et d’une meilleure planification urbaine afin d’anticiper les catastrophes plutôt que d’en subir les conséquences.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU