Un rapport de la Commission américaine pour la liberté religieuse internationale accuse des militants Fulani d’être les principaux responsables des violences meurtrières au Nigeria.
Publié en mai 2026, le document décrit des attaques coordonnées qui aggravent l’insécurité dans la Middle Belt et le Sud du pays.
Selon le rapport de l’US Commission on International Religious Freedom (USCIRF), environ 30 000 militants Fulani armés opéreraient actuellement au Nigeria. Répartis en groupes de 10 à 1 000 membres, ils seraient devenus l’un des acteurs non-étatiques les plus meurtriers du pays.
Intitulé « Nonstate Violators of Religious Freedom in Nigeria: Fulani Militants », le rapport affirme que ces groupes causent le plus grand nombre de morts parmi toutes les communautés religieuses nigérianes sur la dernière année. Ils devancent même les groupes insurgés organisés et les gangs criminels.
Les violences se concentrent principalement dans la Middle Belt et les régions du Sud. Les assaillants, souvent à moto, mènent des assauts nocturnes contre des villages isolés à l’aide d’armes automatiques et de machettes. L’objectif décrit est de semer la terreur pour forcer les populations à fuir et prendre le contrôle des terres.
Le rapport cite plusieurs cas documentés. En juin 2025, une attaque dans l’État de Benue aurait fait au moins 200 morts, dont des déplacés réfugiés dans une mission catholique. Un autre incident à Yelwata, toujours dans le Benue, aurait causé plus de 200 morts et des milliers de déplacés.
L’USCIRF souligne que ces groupes n’ont pas de commandement centralisé. Certains agissent de manière indépendante, d’autres collaborent ponctuellement avec des bandits criminels ou des organisations extrémistes qui prônent une interprétation violente de l’islam.
Si les communautés chrétiennes sont souvent visées, le rapport note que des communautés musulmanes subissent également des raids, des enlèvements et des meurtres. Au total, plus de 1,3 million de personnes seraient déplacées dans la Middle Belt en raison de ces violences.
Le rapport de l’USCIRF met en lumière l’ampleur d’une crise sécuritaire qui déborde le cadre local pour affecter la stabilité régionale. Il relance le débat sur la réponse de l’État nigérian et de la communauté internationale face à une violence qui continue de faire des milliers de victimes.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU