Face aux différents rituels jugés hostile, le maire de Kpomassè, Kénam Mensah, a décidé de frapper fort. Par un arrêté communal, il suspend jusqu’en septembre 2026 plusieurs sorties et rituels liés à certains cultes traditionnels, accusés par des populations d’empêcher la pluie de tomber. Une décision radicale qui relance le débat entre traditions, croyances et impératifs agricoles.
À Kpomassè, la lutte contre les pratiques supposées empêcher la pluie est désormais une affaire officielle. Le maire Kénam Mensah a pris un arrêté communal suspendant jusqu’en septembre 2026 les sorties et manifestations liées aux cultes Egoun-goun, Zangbéto, Abikou et assimilés.
En effet, selon les termes de la décision, certaines pratiques mystiques et cérémonies traditionnelles seraient à l’origine du retard ou de l’absence de pluie dans plusieurs localités de la commune. Une situation qui inquiète particulièrement les autorités locales en pleine saison agricole, période cruciale pour les producteurs. À travers cette mesure, l’autorité communale affiche clairement sa volonté de protéger les activités agricoles et de favoriser une pluviométrie régulière pour les populations. Dans plusieurs villages, des habitants évoquent depuis des années l’existence de rituels destinés à « retenir » ou « détourner » la pluie lors de cérémonies spécifiques, notamment des rites funéraires, des sorties de masques ou des consultations divinatoires. Le souhait du maire est avant tout de garantir une saison favorable aux cultures et d’éviter que les récoltes ne soient compromises.
Par ailleurs, l’arrêté communal prévoit également des sanctions contre toute personne qui serait surprise en train d’organiser ou de participer à des pratiques assimilées au blocage de la pluie. Les contrevenants s’exposent à des poursuites judiciaires, avertit l’autorité. Cette décision suscite déjà de nombreuses réactions. Certains habitants soutiennent fermement l’initiative du maire, estimant que l’agriculture doit primer sur toute autre considération en cette période sensible. D’autres, en revanche, dénoncent une atteinte aux pratiques traditionnelles et aux libertés culturelles.
Au-delà de la polémique, la démarche du maire de Kpomassè traduit surtout une inquiétude grandissante face aux perturbations climatiques et à leurs conséquences sur les récoltes. Dans une commune fortement tournée vers l’agriculture, l’arrivée régulière des pluies reste un enjeu vital pour des milliers de familles.
Gildas AHOGNI