Le militant panafricaniste béninois Kémi Séba a comparu ce mardi 19 mai devant un tribunal de Pretoria dans le cadre de la procédure engagée contre lui en Afrique du Sud. À l’issue de l’audience, la justice a décidé de reporter au vendredi 22 mai sa décision sur sa demande de liberté provisoire.
L’affaire Kémi Séba connaît un nouveau rebondissement judiciaire en Afrique du Sud. Le militant béninois, arrêté à Pretoria le 13 avril dernier, a de nouveau comparu ce mardi devant la justice sud-africaine dans une audience très attendue autour de sa demande de mise en liberté sous caution.
À l’issue des débats, le tribunal a finalement décidé de reporter sa décision au 22 mai prochain. Il s’agit du quatrième renvoi dans cette affaire depuis le début de la procédure judiciaire engagée contre l’activiste panafricaniste. Sur la page Facebook de Kémi Séba,
Une justice prudente face à un dossier sensible
Selon les sources consultées, le parquet sud-africain a maintenu son opposition à toute remise en liberté provisoire de Kémi Séba. Les procureurs estiment que le militant présente un risque de fuite et évoquent de possibles violations des lois migratoires sud-africaines.
Les autorités judiciaires soupçonnent également l’activiste d’avoir envisagé un départ clandestin vers le Zimbabwe après l’expiration de son visa sud-africain.
Les juges ont toutefois préféré repousser leur décision afin d’examiner de nouveaux éléments versés au dossier, notamment ceux liés à la demande d’asile politique introduite par la défense.
Une procédure d’extradition en toile de fond
Au-delà des accusations liées à l’immigration, le dossier est fortement marqué par la demande d’extradition formulée par le Bénin. Les autorités béninoises recherchent Kémi Séba pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État », « incitation à la rébellion » et « blanchiment », après ses prises de position sur la tentative de coup d’État déjouée en décembre 2025.
Ses avocats dénoncent quant à eux une procédure à caractère politique. Ils affirment que leur client craint pour sa sécurité en cas de retour à Cotonou et demandent aux autorités sud-africaines de lui accorder une protection. Ils auraient déposé une demande d’asile en Afrique du Sud.
Dans un message publié le 12 mai sur sa page Facebook, Il dénonce un « complot politique » orchestré, selon lui, par les autorités béninoises et leurs alliés occidentaux. Dans quelques jours probablement, l’activiste devra être fixé sur son sort.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU