Le ministère malgache des Affaires étrangères a déclaré » persona non grata » un diplomate français ce 28 avril 2026. Antananarivo le soupçonne d’implication dans un projet de coup d’État visant le couple présidentiel.
L’ambassadeur de France à Madagascar, Arnaud Guillois, a été convoqué lundi 28 avril au ministère des Affaires étrangères. Là on lui a notifié l’expulsion d’un agent diplomatique français accrédité à Antananarivo. Selon le communiqué officiel, ses « agissements sont jugés incompatibles avec le statut diplomatique » après des « investigations portant sur des soupçons d’implication dans des actes de déstabilisation impliquant des ressortissants malgaches et étrangers ».
Cette décision intervient dans un climat tendu. Ces dernières semaines, un ressortissant français et plusieurs binationaux franco-malgaches ont été interpellés. Ils sont accusés d’avoir participé à une « tentative d’assassinat du couple présidentiel et à un projet de coup d’État », des accusations lourdes qui pèsent sur les relations bilatérales.
L’Ambassade de France avait déjà démenti « formellement » le 18 avril toute « prétendue implication de la France dans une tentative de déstabilisation à Madagascar ». Le ministère malgache rappelle pour sa part son attachement à la Convention de Vienne de 1961 et au « respect de la souveraineté nationale ».
En droit diplomatique, l’article 9 de la Convention de Vienne permet à l’État hôte de déclarer un diplomate « non acceptable » sans justification. Si l’agent n’est pas rappelé, Antananarivo peut cesser de le reconnaître comme membre de la mission. L’identité et la fonction de l’agent concerné n’ont pas été révélées.
Entre démentis français et accusations malgaches, l’affaire fragilise une relation déjà marquée par la mémoire coloniale et les contentieux sur les îles Éparses.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU