Depuis quelques jours, le prix du ciment a connu une nette augmentation dans toutes les villes du Bénin. Dans certaines localités, ce précieux matériel entrant dans l’immobilier est presque inexistant. Conséquence directe, les spéculations ont pris une nouvelle tournure avec la tonne du ciment qui est vendue à plus d’une centaine de mille de francs Cfa au nez des autorités qui ont préféré garder le silence.
Acheter le ciment pour les travaux de construction n’est plus à la portée de toutes les bourses au Bénin. Et pour cause! Le prix de vente a considérablement grimpé sur toute l’étendue du territoire national. Ce qui est plus dramatique est que le prix varie d’un revendeur à un autre et d’une localité à une autre. « La tonne du ciment est actuellement à 100.000f chez moi. Ne soyez pas surpris de l’acheter dans quelques heures à 110.000 francs Cfa si vous ne profitez pas de l’occasion ». C’est la réponse sèche sous un ton à la fois ironique et moqueur jetée à la figure d’un consommateur par une gérante d’un dépôt de ciment dans la commune de Sèmè-Podji. Une situation qui crée un climat d’inquiétude dans le rang des pauvres consommateurs qui subissent de plein fouet, les effets de cette augmentation dont ils ignorent les tenants et les aboutissants. Le pire est dans tout cet imbroglio est l’incapacité des acteurs à expliquer aux populations les motifs de cette hause brusque du prix de cession du ciment. Pour certains qui ont des projets de construction pas très urgents, ils prennent la résolution de patienter en attendant que tout revienne à la normale. Pour d’autres qui par crainte d’utiliser à d’autres fins les fonds alloués à l’achat du ciment, ils sont obligés de s’en acquérir. Il faut souligner qu’il y a quelques semaines passées, la tonne du ciment était généralement cédée aux consommateurs entre 80 et 82.000 de francs Cfa.
Le silence coupable des usines de production
A ce jour, aucune justification technique n’a été donnée sur les causes de l’augmentation du prix du ciment. Les usines de production n’ont fait aucune sortie officielle pour informer l’opinion publique sur cette situation périodique d’après nos investigations. Selon certaines sources, ce phénomène est dû à une pénurie de courte durée du ciment. Cela s’explique par le fait que les sociétés de production procèdent à la maintenance de leurs équipements tout en assurant la fabrication. A titre illustratif, au lieu de quatre machines qui travaillent de façon simultanée, une seule est fonctionnelle. Les trois autres sont en maintenance. Conséquence, la quantité produite diminue en raison du nombre de machines qui travaille. Toutefois, cela ne saurait expliquer cette augmentation du prix du ciment.
Urgence pour les autorités d’agir
Du côté du ministère de l’Industrie et du commerce et de ses bras opérationnels, c’est un silence plateau. Aucun communiqué ni aucune explication de sources officielles n’a été distillée dans l’opinion publique pour rassurer ou instaurer un climat d’apaisement. Tous les regards sont tournés vers les personnes habilitées à donner les réels motifs de cette flambée. Il faut rappeler qu’en début de l’année 2025, face aux fortes spéculations organisées par les revendeurs de ciment sur les prix, le ministère de l’Industrie et du commerce a très vite haussé le ton et rappelé les véreux commerçants à l’ordre. Dans un communiqué publié le 25 février 2025, avait informé la population que le prix du ciment n’a connu aucun changement au niveau des usines de production. Ainsi une hausse du prix du ciment ne saurait être justifiée. Par le même canal, il invite les distributeurs de ciment aux respects des dispositions de la loi n° 90-005 du 15 mai 1990 fixant les conditions d’exercice des activités de commerce en République du Bénin en son article 17 relatif aux marges bénéficiaires. Tout en mettant en garde les revendeurs, le communiqué informe que des contrôles seront faits par les services compétents sur toute l’étendue du territoire national, mais depuis lors rien. Pour cette fois-ci, aucune mesure ne se profile à l’horizon. C’est le statu quo. Personne ne saurait prédire pour combien de temps encore. Rappelons qu’un décret fixant le prix du ciment dans chaque département a été pris par les autorités afin de limiter les casses, mais il n’a jamais été respecté par la majorité des revendeurs.
Mohamed Yèkini