Revenus cambrioler après un braquage meurtrier de 15 millions de francs CFA, six présumés malfrats ont été interceptés par la population à Kérou. Quatre ont été tués dans une vindicte populaire, tandis que deux autres ont été remis à la police.
La commune de Kérou, dans le département de l’Atacora, a été le théâtre d’un drame d’une rare violence, révélateur du climat d’insécurité grandissant et de la colère des populations. Dans la nuit du dimanche à ce lundi, six présumés braqueurs ont été interceptés alors qu’ils s’apprêtaient, selon toute vraisemblance, à commettre un nouveau forfait dans la localité.
Mais cette fois, leur opération a tourné court. Pris en flagrant délit par des habitants excédés, les suspects ont été violemment pris mains le sac. Quatre d’entre eux ont été brûlés vifs dans une vindicte populaire, illustrant la tension extrême qui règne désormais dans cette zone. Les deux autres ont été sauvés de justesse puis remis aux éléments de la police républicaine.
Ce dénouement tragique intervient seulement cinq jours après un premier braquage qui avait profondément choqué la population. Aux environs de 2 heures du matin, des individus armés avaient fait irruption au domicile d’un cabiniste, emportant une somme estimée à 14 millions de francs CFA. Dans la foulée, ils s’étaient introduits dans une autre habitation voisine, dérobant un million de francs CFA supplémentaire, avant d’ôter la vie à un habitant. Depuis ces événements, la peur s’était installée dans les esprits, laissant place à une vigilance accrue. Le retour présumé des mêmes individus sur les lieux du crime a été perçu comme une provocation de trop par les populations, qui ont décidé de se faire justice elles-mêmes.
Alertée, la police républicaine est intervenue pour récupérer les deux survivants. Une enquête a été ouverte afin de démanteler ce réseau criminel et d’identifier d’éventuels complices.
Ce drame relance le débat sur la montée de la justice populaire, symptôme d’une insécurité persistante et d’un besoin urgent de renforcer la présence et l’efficacité des forces de sécurité.
Gildas AHOGNI