A quelques semaines de l’élection présidentielle du 12 avril, la majorité présidentielle a lancé une bataille rangée contre un adversaire insolite : le taux de participation. Il devient le seul cauchemar de la majorité présidentielle face à un Paul Hounkpè presque absent.
C’est une élection présidentielle inédite que le Bénin s’apprête à organiser le 12 avril prochain. A la place d’une vraie compétition politique entre deux hommes, deux projets de société, on assiste à celle inattendue d’un homme qui se bat avec ses hommes contre le faible taux de participation aux élections au Bénin. Des centaines de mouvement poussent comme des champignons avec pour objectif de mobiliser les électeurs pour augmenter le taux de participation qui peine depuis 2019 à dépasser la barre des 50%.
Romuald Wadagni apparaît comme un super hyper-candidat élu avant l’élection. L’argentier national qui a conservé son maroquin depuis 2016 et malgré sa désignation comme candidat est plébiscité par l’ensemble des partis politiques soutenant les actions de son parrain Patrice Talon. Après l’élimination du seul candidat du parti Les Démocrates par la félonie du député Michel Sodjinou, un grand boulevard lui est ouvert pour la Marina. En face, l’adversaire ne semble pas être de taille. Un Paul Hounkpè qui s’est retrouvé là par le miracle des fourberies politiques propres à la rupture, n’a guère l’étoffe d’un présidentiable qui peut effrayer la redoutable machine qui porte la candidature de Romuld Wadagni.
En face donc de Wadagni, le seul vrai adversaire qui effraie n’est donc pas Paul Hounkpè mais le taux de participation. Pour crédibiliser son élection presque certaine, la galaxie qui porte le candidat entend travailler pour relever le taux de participation. Selon plusieurs spécialistes, le taux risque d’être plus bas que celui obtenu lors des dernières élections législatives, donc bien en dessous des 30%. Si donc rien n’est fait, le nouveau président de la République qui passe le cap de la compétition électorale sans aucun effort, sera élu avec un taux de participation faible. De quoi le délégitimer davantage après une élection exclusive presque sans jeu d’où est exclu le vrai candidat de l’opposition. Le taux de participation sera donc le seul élément de fierté pour cette élection qui n’en est pas une.
En effet, depuis 2016, l’instauration des élections exclusives avec l’exclusion par divers moyens de l’opposition, a engendré un désamour des populations pour les élections qui ont perdu de leurs caractères compétitifs. La campagne en cours vise à encourager les Béninois à aller voter le 12 avril prochain pour choisir en toute évidence Romulad Wadagni dont le seul point noir pour son ascension à la Marina demeure le taux de participation à cette élection.