Au Sénégal, l’Assemblée nationale a adopté une nouvelle loi qui alourdit les sanctions contre les relations homosexuelles. Le texte double les peines de prison, qui passent désormais de 5 à 10 ans. Cette décision intervient dans un climat marqué par une forte hostilité envers les personnes homosexuelles et par plusieurs arrestations pour homosexualité présumée.
La loi a été votée par 135 députés, avec trois abstentions. Elle prévoit également des amendes allant de 2 à 10 millions de francs CFA (environ 3 000 à 15 000 euros). Le texte inclut aussi des sanctions contre toute forme de promotion de l’homosexualité.
Pour entrer officiellement en vigueur, la loi doit maintenant être promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye.
Le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, a salué l’adoption de cette mesure, la qualifiant de « belle loi ». À l’inverse, plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent un durcissement des politiques répressives et s’inquiètent de l’augmentation des arrestations.
La députée Diaraye Bâ a tenu des propos très fermes, affirmant que « les homosexuels ne respireront plus dans ce pays », une déclaration qui a suscité de vives critiques.
Avec cette loi, le Sénégal s’inscrit dans une tendance observée dans plusieurs pays africains où l’homosexualité est sévèrement réprimée. Dans des pays comme l’Ouganda, la Mauritanie ou la Somalie, les sanctions peuvent être extrêmement lourdes selon les législations en vigueur.
Plus récemment, le Burkina Faso a lui aussi adopté en 2025 une loi criminalisant explicitement les relations homosexuelles.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU