En République démocratique du Congo, des rumeurs de « vol mystique de sexe » ont provoqué de violentes attaques dans la province du Lualaba, dans le sud du pays. Dans la commune minière de Fungurume, au moins six personnes ont été tuées et deux autres blessées après avoir été accusées par des habitants de pratiquer cette supposée forme de sorcellerie.
Selon les autorités locales et des organisations de la société civile, ces violences se sont produites sur une période d’environ deux semaines. Des foules en colère ont attaqué des individus soupçonnés d’avoir fait disparaître l’organe génital de certaines personnes par simple contact physique ou à l’aide d’objets mystiques.
Les autorités et plusieurs spécialistes affirment qu’aucune preuve scientifique ne confirme l’existence d’un phénomène de « vol de sexe ». Selon eux, ces accusations reposent souvent sur des croyances populaires liées à la sorcellerie et peuvent être alimentées par la peur, la rumeur ou des conflits personnels entre habitants.
Des psychologues expliquent également que ce type de situation peut relever d’une forme de psychose collective, où la peur se propage rapidement dans une communauté et conduit certaines personnes à croire qu’elles ont été victimes d’un phénomène surnaturel.
Face aux rumeurs, plusieurs personnes accusées ont été violemment prises à partie par des groupes d’habitants. Certaines ont été battues à mort avant même l’intervention des forces de sécurité.
Les autorités de la République démocratique du Congo ont condamné ces actes de justice populaire et appelé la population à ne pas se faire justice elle-même. Des forces de l’ordre ont été déployées dans la zone pour tenter de rétablir le calme et prévenir de nouvelles violences.
La société civile et les organisations de défense des droits humains demandent également l’ouverture d’enquêtes afin d’identifier les auteurs des lynchages et de protéger les personnes accusées à tort.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU