À Cocotomey, dans la commune d’Abomey-Calavi, payer sa facture d’eau à la Société nationale des eaux du Bénin (SONEB) relève parfois d’un véritable parcours du combattant pour ces personnes qui désirent le faire aux guichets. Des centaines d’usagers, surtout analphabètes, issus de plusieurs localités environnantes se retrouvent contraints de faire la queue pendant de longues heures devant un unique guichet. Une situation qui pénalise particulièrement les populations analphabètes, incapables d’utiliser les moyens de paiement en ligne.
Dans plusieurs quartiers de la commune d’Abomey-Calavi, notamment Cococodji, Cocotomey, Womey, Dèkoungbé, Hèdomey, Sêdégbé, Hounga, Hêvié ou encore Godomey, régler sa facture d’eau auprès de la Société nationale des eaux du Bénin (SONEB) est devenu une épreuve pour de nombreux usagers.
Le problème est simple mais lourd de conséquences. Pour une population estimée à plusieurs milliers d’habitants, un seul guichet physique est réellement accessible pour le paiement des factures, celui de Cocotomey. Chaque jour, des dizaines voire plus d’une centaine de personnes s’y rendent pour s’acquitter de leurs factures. Le résultat direct est que les files d’attente sont interminables, des heures passées debout, parfois sous le soleil, pour une opération administrative qui ne devrait pourtant prendre que quelques minutes surtout avec l’avènement de la digitalisation des services.
Selon plusieurs usagers rencontrés sur place, la situation est devenue récurrente et suscite une frustration grandissante. « Nous arrivons tôt le matin et nous pouvons rester des heures dans le rang », confie un client. « Parfois, la personne au guichet doit s’absenter quelques instants et toute la file reste bloquée. Pendant ce temps, le nombre de personnes continue d’augmenter », déplore-t-il. La situation est d’autant plus compliquée que de nombreuses localités dépendent de ce seul point de paiement. Les habitants de PK14, Atrokpocodji, Gbodjê, Zounga, Hèdomey ou encore Sêdégbé se rendent massivement à Cocotomey pour régler leurs factures. Une affluence qui dépasse largement la capacité d’un guichet unique et d’un seul agent chargé de servir toute cette population.
Certes, la SONEB a entrepris la digitalisation du paiement des factures, permettant aux usagers de régler leurs factures en ligne. Mais dans les faits, cette solution ne bénéficie pas à tous. Une grande partie de la population concernée reste analphabète ou peu familière avec les outils numériques. Pour ces personnes, le guichet physique demeure la seule option possible. « Beaucoup de gens ne savent pas utiliser les applications ou les services en ligne. Ils n’ont pas le choix, ils doivent venir ici et attendre », explique un usager.
Face à cette réalité, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à une meilleure organisation du service. Les usagers suggèrent notamment la multiplication des points de paiement dans les zones fortement peuplées comme Womey, Cococodji ou encore Godomey. Une telle mesure permettrait de décongestionner le guichet de Cocotomey et d’améliorer l’accès au service pour les populations. D’autres plaident également pour un renforcement du personnel afin de fluidifier le traitement des usagers. Car pour beaucoup, payer une facture d’eau ne devrait pas nécessiter des heures d’attente.
Dans une zone en pleine expansion démographique, l’amélioration de l’accès aux services publics apparaît désormais comme une urgence. Pour les habitants de ces quartiers, la question n’est pas seulement administrative. Il s’agit pour eux d’un droit élémentaire à un service public accessible et efficace.
Gildas AHOGNI