Lancé par Donald Trump en janvier 2026, le « Conseil de paix » (Board of Peace) tient ce 19 février à Washington D.C. sa réunion inaugurale. Présidé par le président américain lui‑même, ce sommet controversé vise à coordonner la reconstruction de Gaza et à lancer une dynamique politique multilatérale autour de la paix.
La réunion se déroule à la Maison‑Blanche sous la présidence personnelle de Donald Trump, rassemblant des représentants d’une vingtaine de pays membres et d’autant d’invités. Le sommet met en lumière les engagements financiers déjà promis, évalués à plusieurs milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza, ainsi que les premières discussions sur un éventuel déploiement d’une force internationale de stabilisation.
Aux côtés de Donald Trump, plusieurs figures internationales majeures sont annoncées au micro ou dans les débats. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio doit intervenir lors de la session d’ouverture, aux côtés de Jared Kushner, gendre de Trump et artisan de la feuille de route pour Gaza. Des personnalités expérimentées telles que Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, sont également attendues pour discuter des perspectives de stabilisation.
Sur le plan des délégations officielles, des chefs d’État ou de gouvernement comme Prabowo Subianto, président de l’Indonésie, Shehbaz Sharif, Premier ministre du Pakistan, et Viktor Orbán, Premier ministre de Hongrie, sont présents à Washington pour représenter leurs pays et co‑signer des engagements diplomatiques. Des ministres des affaires étrangères comme le Turc Hakan Fidan ou l’Israélien Gideon Sa’ar y participent également.
Critiques et hésitations internationales
Mais cette première réunion est loin de faire l’unanimité. Plusieurs grandes puissances occidentales – dont la France, le Royaume‑Uni et l’Allemagne – ont décliné l’invitation, sceptiques quant aux objectifs et à l’indépendance réelle de l’instance.
L’Union européenne participe en tant qu’observateur, avec notamment Dubravka Šuica, commissaire européenne chargée de la démocratie et des droits de l’homme, envoyée par la Commission européenne.
Le Saint‑Siège, par la voix du cardinal Pietro Parolin, a aussi annoncé qu’il ne prendrait pas part au Conseil, estimant que la gestion des situations de crise doit rester du ressort des Nations unies.
Malgré ces points d’étape, l’absence de grandes démocraties occidentales et les critiques sur la légitimité de l’instance soulignent les défis politiques qui entourent l’organisation et son rôle futur.
L’une des particularités les plus controversées de ce nouvel organisme est son coût d’adhésion. Pour devenir membre permanent du Conseil de paix, les États doivent s’acquitter d’une somme d’au moins un milliard de dollars – une exigence qui limite l’accès aux seules économies les plus riches et exclut de fait de nombreux pays en développement.
Cette contribution est présentée par Washington comme une garantie d’engagement financier à long terme, mais elle est reprochée par des diplomates et analystes comme créant un « club de pays riches » plutôt qu’un outil multilatéral véritablement inclusif.
Même si l’organisation entend travailler en coordination avec l’ONU, l’incertitude plane encore sur son rôle réel dans le monde actuel. Plusieurs observateurs craignent que cette instance ne fragmente davantage le rôle central de l’ONU sur la diplomatie mondiale.
D’autres se questionnement sur son efficacité à faire progresser la paix dans des zones de conflit. Il s’agit notamment du conflit israélo-palestinien dans lequel le plan de paix proposé par Trump n’empêche pas l’État hébreu de violer le cessez-le-feu. Trump peine aussi à trouver un consensus entre Poutine et Zelensky dans la guerre de l’Ukraine même s’il avait affirmé durant la campagne de 2024 qu’il allait y mettre fin en 24h.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU