Surnommé « Roi de la Télé », Consty Eka, présentateur charismatique, producteur exigeant et stratège de l’image de la télévision camerounaise est passé de vie à trépas à Abidjan en Côte d’Ivoire, loin de Yaoundé. C’est à la suite d’un malaise. L’annonce de son décès a laissé le monde médiatique notamment les rédactions de l’Afrique Centrale et de l’Ouest dans la consternation. Le « Roi de la Télé » a laissé derrière lui une empreinte indélébile et durable sur l’audiovisuel africain.
Incarnant une génération de communicants panafricains capables de franchir les frontières, la perte de l’une des voix les plus puissantes de l’Afrique sera difficile à combler. On pourrait témoigner que son parcours s’est confondu avec le développement du paysage médiatique du Cameroun depuis les années d’ouverture audiovisuelle. Son surnom « Roi de la Télé » n’est pas anodin. Il est une marque déposée. Il traduisait une réalité d’audience et d’influence. À l’antenne, il imposait un ton. Hors antenne, il formait des équipes. Sa marque: professionnaliser, structurer, moderniser. Le secteur de l’audiovisuel africain traverse une mutation profonde : Digitalisation accélérée, concurrence des plateformes sociales, fragmentation de l’audience. Consty Eka, hors de son marché national, s’en est saisi pour s’implanter dans un écosystème médiatique ouest-africain de plus en plus interconnecté..
Les figures historiques servaient de repères. Leur disparition crée un vide stratégique. Le stratège de l’image de la télévision camerounaise représentait une école. : Une culture de la rigueur éditoriale et de la mise en scène télévisuelle. Son influence sur la communication audiovisuelle en Afrique centrale s’inscrivait dans une logique de transmission. Les enjeux pour la nouvelle génération est de s’inspirer de la connaissance de Consty Eka dans leur travail de tous les jours, privilégiant désormais les formats courts, mobiles, instantanés. Car la télévision linéaire lutte pour conserver son pouvoir d’attraction. Dans ce contexte, l’héritage de Consty Eka devient un actif immatériel. Sa trajectoire rappelle que la crédibilité médiatique repose sur la constance, la maîtrise du direct et la compréhension du public.
La question n’est plus seulement émotionnelle mais elle est stratégique. Des questions se posent actuellement sur la sauvegarde de l’héritage de Consty Eka . Comment le paysage médiatique du Cameroun peut-il capitaliser sur l’héritage de ses figures historiques pour affronter la concurrence numérique continentale ? Sa disparition marque-t-elle la fin d’une ère ou le point de départ d’une recomposition profonde des médias africains ?