Au Zimbabwe, le gouvernement envisage de modifier la Constitution pour prolonger le mandat du président Emmerson Mnangagwa. Cette initiative suscite de vives critiques de l’opposition et d’une partie de la société civile.
Le Zimbabwe traverse une nouvelle zone de turbulence politique. Le gouvernement a approuvé un projet de réforme constitutionnelle qui pourrait prolonger le mandat du président Emmerson Mnangagwa jusqu’en 2030. Cette décision, encore attendue au Parlement, provoque déjà de fortes tensions politiques dans le pays.
Selon les informations disponibles, la réforme prévoit d’allonger le mandat présidentiel de cinq à sept ans. Elle propose aussi que le président soit choisi par le Parlement et non plus directement par les électeurs. Le texte doit encore suivre un processus légal avant son adoption définitive.
Arrivé au pouvoir en 2017 après un coup de force militaire ayant écarté Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa a été élu en 2018 puis en 2023. La Constitution actuelle limite normalement le président à deux mandats de cinq ans.
Plusieurs responsables politiques dénoncent un risque pour la démocratie. Certains estiment que toute réforme touchant à la durée du mandat devrait être validée par référendum national. D’autres craignent une instabilité politique si la réforme est imposée sans large consensus.
Par ailleurs, l’économie reste fragile, marquée par l’inflation, le chômage et des accusations récurrentes de corruption. Ce contexte renforce les inquiétudes sur l’avenir politique et social du pays.
Pour l’instant, l’issue du projet reste incertaine. Mais ce débat montre que la question de la gouvernance et de l’alternance démocratique demeure sensible au Zimbabwe voire en Afrique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU