Dans la commune de Sèmè-Podji, plus précisément dans le village de Gbehonmè, l’ouverture récente d’une carrière de sable suscite de vives inquiétudes au sein des populations. Ce qui devait être une activité économique génératrice d’emplois et de revenus est aujourd’hui perçu par certains habitants comme une véritable source d’insécurité dans les agglomérations.
La situation a été portée sur la place publique à travers des dénonciations faites sur les réseaux sociaux par le sieur Judicaël Djogué, chef quartier de la localité. Selon lui, la principale source de psychose réside dans le comportement des camions gros porteurs qui desservent la carrière. À l’en croire, ces engins lourds abandonnent les axes et couloirs de circulation habituels pour emprunter des ruelles étroites, situées au cœur des habitations. «Lancement précipité et clandestin d’une carrière de sable à Awanou hier assorti de passage de gros porteurs dans les agglomérations de Gbehonmè. La panique générale au sein de la paisible population. Au secours les cadres de Sèmè-Podji.», peut-on lire dans ses publications. Une situation d’autant plus préoccupante que les enfants seraient les premières victimes potentielles.
« Les enfants ne sont pas habitués au passage de ces camions dans les ruelles. Ils jouent souvent devant les maisons pendant que certains de ces engins roulent à vive allure », dénonce Judicaël Djogué, évoquant un risque permanent d’accidents graves. Au-delà du danger humain, le chef quartier alerte également sur les dégâts matériels causés par le passage répété des camions. Selon ses déclarations, plusieurs habitations subiraient des fissures et des dégradations sous l’effet du poids des gros porteurs. Il pointe du doigt le maire de la commune, Jonas Gbènamèto, ainsi que le chef d’arrondissement, Dénis Djogué qu’il soupçonne d’être impliqués dans l’ouverture de la carrière sans autorisation préalable des populations concernées. «Les populations environnantes déjà en détresse. Venez nous sauver les maisons déjà bourées de poussières, des maisons tremblantes, les petits enfants en insécurité grave avec les gros porteurs chargés de sable. Le silence coupable de certains dénonciateurs permanents qui cache des soupçons.», dénonce Judicaël Djogué.
Contacté sur le sujet, Dénis Djogué, le chef d’arrondissement de Djèrègbé rejette ces accusations. Il affirme que l’ouverture de la carrière de sable a bel et bien été autorisée par les autorités compétentes, notamment les ministères en charge des Mines et du Cadre de vie. « Une lettre a été déposée à mon cabinet le 23 janvier 2026 pour notifier l’ouverture de la carrière. Tout comme le maire, j’ai été informé par une note officielle. Je n’étais ni impliqué ni présent lors de l’ouverture, contrairement à ce qui est laissé croire », a-t-il précisé. Selon certaines indiscrétions recueillies dans la localité, cette controverse autour de la carrière de sable cacherait en réalité une guéguerre politique. Les tensions seraient alimentées par des querelles partisanes entre le chef quartier et le chef d’arrondissement, l’un étant proche de l’Union progressiste le Renouveau, et l’autre du Bloc Républicain. En attendant un éventuel arbitrage des autorités communales et préfectorales, les populations d’Awanou appellent à des mesures urgentes pour sécuriser les voies de circulation, protéger les enfants et préserver les habitations, afin que l’exploitation de la carrière ne continue pas de rimer avec insécurité.
Mohamed Yèkini

