De violents glissements de terrain ont fait au moins 200 morts cette semaine sur le site minier de Rubaya, dans l’est de la RDC. Le drame met une nouvelle fois en lumière les risques humains liés à l’exploitation minière dans une zone sous contrôle rebelle.
Un lourd bilan humain endeuille l’est de la République démocratique du Congo. Au moins 200 personnes ont péri après des glissements de terrain provoqués par de fortes pluies sur la mine de coltan de Rubaya, située dans la province du Nord-Kivu, une zone contrôlée par le groupe rebelle M23 depuis 2024.
Selon des témoignages recueillis sur place, les pluies torrentielles ont entraîné l’effondrement de pans entiers de terrain, emportant mineurs et habitants installés à proximité du site. « Il a plu, puis la terre a glissé et a tout emporté. Certains ont été ensevelis, d’autres sont morts dans les puits », raconte Franck Bolingo, un mineur survivant à BBC.
Les victimes seraient majoritairement des mineurs artisanaux, mais aussi des enfants et des femmes commerçantes fréquentant les abords de la mine. D’après Lumumba Kambere Muyisa, porte-parole du gouverneur du Nord-Kivu nommé par les rebelles, une vingtaine de blessés ont été pris en charge dans des structures sanitaires locales, tandis que les cas les plus graves doivent être évacués vers Goma, située à environ 50 kilomètres.
Les opérations de recherche se poursuivent et le bilan pourrait encore s’alourdir. Les autorités locales ont annoncé la suspension temporaire de l’exploitation artisanale et l’évacuation des populations vivant près du site.
Rubaya produit environ 15 % du coltan mondial, un minerai stratégique utilisé dans la fabrication des smartphones, ordinateurs et moteurs d’avion. Les Nations unies accusent le M23 de tirer profit de cette ressource pour financer son insurrection.
Ce nouveau drame rappelle la fragilité persistante de l’est congolais, où violences armées, exploitation illégale des ressources et absence de sécurité continuent de coûter la vie à des centaines de civils, malgré les initiatives diplomatiques en cours.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU