Les États-Unis modifient leur approche envers trois pays du Sahel désormais dirigés par des régimes militaires et proches de la Russie. Ce changement marque une rupture avec les positions antérieures où Washington insistait beaucoup sur la démocratie.
Le gouvernement américain a annoncé qu’il envoyait un haut responsable à Bamako, la capitale du Mali, pour ouvrir une « nouvelle voie » avec les autorités de ce pays et ses voisins, le Burkina Faso et le Niger. L’objectif est de coopérer davantage dans la sécurité, mais aussi dans l’économie et contre les groupes djihadistes qui sévissent dans la région.
L’année dernière, un conseiller du département d’État américain, Massad Boulos, avaidéclaré que « la démocratie est toujours appréciée, mais notre politique est de ne pas nous ingérer dans les affaires intérieures des autres pays ». Cette phrase, faite en 2025, montre que les États-Unis ne mettent plus au centre de leur politique africaine la démocratie électorale, mais privilégient la stabilité économique et la lutte contre le terrorisme.
Washington se dit préoccupé par l’expansion de groupes djihadistes dans le Sahel et par la présence croissante de la Russie, qui fournit une aide militaire à ces régimes. Pour les États-Unis, il est important de ne pas laisser Moscou être le principal partenaire extérieur dans ces pays, même s’ils n’en font pas une menace directe.
Ce nouveau positionnement montre que la politique américaine en Afrique de l’Ouest est désormais guidée par des intérêts sécuritaires et stratégiques, plus que par la promotion de modèles démocratiques. Une stratégie qui s’est le plus tôt concrétisée en Afrique à travers plusieurs politiques comme la supression de l’agence de développement américain ( USAID) ou encore les frappes récentes sur une bases de terroristes au Nigéria.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU