Selon une étude de l’Institut français des relations internationales(IFRI), la Russie aurait enrôlé plusieurs milliers de jeunes Africains comme mercenaires et ouvrières pour soutenir ses efforts dans la guerre russo-ukrainienne. Le mode opératoire repose sur des méthodes ambiguës et parfois trompeuses qui exploitent la vulnérabilité socio-économique du continent.
D’après l’étude publiée en décembre 2025 par l’IFRI, cet effort concernerait environ 3 000 à 4 000 Africains actuellement sous contrat ou engagés dans l’armée russe, dont une part significative n’a pas clairement mesuré les risques encourus. Nombre de ces recrues africaines — hommes et femmes — sont issues de pays caractérisés par des niveaux élevés de pauvreté et un fort désir d’émigration.
Ces jeunes sont attirés par des promesses d’emplois rémunérateurs, de formation ou d’opportunités d’émigration, souvent relayées via des réseaux sociaux ou des intermédiaires locaux, selon l’analyse de l’IFRI. Dans ce contexte, on parle parfois de plusieurs milliers de personnes ciblées, certaines estimations oscillant entre 3 000 et 4 000 combattants africains engagés du côté russe dans le conflit. .
Méthodes de recrutement dénoncées
Las méthodes employées sont jugées « trompeuses » par les chercheurs. Beaucoup de candidats sont approchés sous couvert d’offres d’emploi stable ou de formations attractives, sans information claire sur la nature du service militaire qu’ils seraient amenés à exécuter. Certains signent des contrats sans comprendre qu’ils s’engagent dans un conflit armé lointain, d’autres sont recrutés via des réseaux russo-africains qui exploitent la précarité économique.
Dans certains cas, ces recrutements s’apparentent selon l’étude à une forme de trafic d’êtres humains, car les conditions réelles de travail et de vie, notamment pour des ouvrières dans l’industrie de fabrication d’armement, diffèrent radicalement des promesses initiales.
Face à ces pratiques, plusieurs gouvernements africains, dont ceux du Kenya et d’Afrique du Sud, ont ouvert des enquêtes et exigé le rapatriement de leurs citoyens. Cette dynamique de recrutement met en lumière la fragilité des jeunes générations confrontées à la pauvreté, ainsi que la manière dont des puissances extérieures exploitent ces vulnérabilités dans des conflits lointains.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU