Le marché moderne de Cococodji a été officiellement mis en service ce mardi 27 janvier 2026 en présence du ministre de l’Industrie et du commerce et d’autres politico-administratives. Un fait marquant pendant la cérémonie est une dame qui avait une pancarte en mains avec des messages pour dénoncer l’injustice.
Ancienne commerçante depuis 25 ans dans l’ancien marché de Cococodji, dame Frédérica Paula Agon est visiblement très remontée contre l’administration de l’Agence nationale de gestion des marchés après l’abus dont elle a été victime dans le nouveau marché. Elle l’a fait savoir en exhibant une pancarte lors de la cérémonie d’inauguration du marché avec des messages hostiles. On pouvait lire, entre autres, « à bas l’attribution arbitraire des hangars ! A bas l’injustice ! Patrice Talon au secours ». Approchée, elle fait comprendre que sa frustration émane d’un fait qui semble être une injustice.
Selon son récit, « le jour qu’ils ont fait le tirage des noms, les responsables de l’Anagem ne nous connaissent pas. Après le tirage, les noms de ma fille et moi ont été tirés au sort. Nous sommes donc allés chercher nos places à base des numéros qui nous ont été attribués. Ma fille est dans la restauration et moi je suis dans la commercialisation des céréales dont le maïs. Il faut souligner qu’au terme du tirage, le nom de ma fille est le premier sur la liste de la restauration. Quant à moi, je n’ai pas été classé dans la catégorie des vendeuses de céréales, mais celle des vendeuses de divers. Ma fille a pris sa place, elle s’est installée. Elle a mis un sac d’Agbeli pour commencer à préparer. Elle veut que, avant d’arriver dans ce marché, tout ce qu’elle amènera ici seront des choses neuves. Le fait qu’elle ne soit pas venue deux fois dans le marché a amené les agents de l’Anagem à la remplacer par une autre personne qui vend la même chose qu’elle. Dès notre arrivée, on ne savait plus quoi faire. Nous avons été voir les responsables et ils ont expliqué à ma fille qu’elle a perdu sa place parce qu’elle était restée dans l’ancien marché, ce qui n’est pas vrai. Ils lui ont dit de faire encore une autre procédure, ce que j’ai refusé. J’ai dit qu’une fois que son nom est sorti, elle doit prendre sa place ou on doit lui trouver une autre place. En attendant de trouver une solution, j’ai donc demandé à ma fille de préparer la nourriture et de venir s’installer à ma place. Nous étions là quand le responsable de l’Anagem est passé et nous a interrogé sur les raisons de sa présence à une place qui n’est pas réservée à la restauration. Je lui ai donné les explications et il nous a demandé de passer le voir. Finalement, nous avons été dans son bureau, mais il n’a pas pu nous recevoir en raison de la présence des journalistes de la Srtb. Une heure de temps, nous étions là quand une délégation composée de la Directrice générale de l’Anagem et le Commissaire était passée pour faire le tour du marché. Dès qu’ils sont venus à notre niveau, la Directrice a intimé l’ordre aux agents de la Police républicaine de ramasser tout ce qu’on avait disposé. Malgré mon insistance pour leur expliquer les raisons, elle n’a pas voulu m’écouter. Ils ont ramassé la sauce qu’on a préparée hier. Ils ont ramassé le riz. Ils ont ramassé tout ce qu’on vend. Il en est de même pour les assiettes et les cuvettes. Je ne peux pas me taire face à cette injustice. Dans ce marché, vous ne pouvez pas vendre de petites choses. On vous impose de vendre des divers, donc même ceux qui ne sont spécialisés dans les divers sont obligés de le faire au risque de perdre ta place ». Attirant les regards des curieux, la pancarte a été retirée chez la dame par la police républicaine.
Elle n’est pas seule dans la situation. Rencontrées sur place, plusieurs femmes ont souligné qu’elles n’ont pas pu avoir une place dans le nouveau marché moderne de Cococodji, car on leur a reproché le fait qu’elles soient déjà restées dans l’ancien marché. « Nous sommes plus de 200 femmes dans la situation. Nous allons rester ici jusqu’à ce que les autorités entendent nos cris de détresse », a confié une autre femme qui a voulu rester sous anonymat. Cette situation met en lumière les nombreux cris de cœur des usagers des marchés dans le cadre de l’attribution des places dans les nouveaux marchés.
Alassane Touré
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