(Un appel à la baisse du prix des stands)
Ouvert le vendredi 23 janvier 2026, le nouveau marché de PK3 accueille progressivement les commerçants de friperie de l’ex-marché Missèbo. Si certains ont déjà pris possession de leurs stands et saluent un cadre moderne, d’autres restent sans emplacement, inquiets pour leur avenir et plaidant pour une gestion plus équitable du relogement.
L’ouverture officielle du marché de PK3 marque une nouvelle étape dans la réorganisation du commerce de friperie à Cotonou. Rasé pour faire place à un nouvel aménagement urbain, le marché Missèbo a laissé derrière lui des années d’histoire commerciale, de transmission familiale et de survie économique pour des centaines de vendeurs et vendeuses. À PK3, les grilles s’ouvrent, les étals se remplissent et les vêtements de seconde main retrouvent peu à peu leur public. Dame Armandine et Victoire, installées à proximité de l’une et l’autre, expriment leur soulagement et leur reconnaissance d’avoir retrouvé un point de vente, même si l’adaptation reste progressive.
Cependant, derrière cette reprise apparente, une autre réalité se dessine. Tous les commerçants de Missèbo n’ont pas encore trouvé de place dans le nouveau marché moderne. Certains font des allers-retours, consultent des listes, interpellent les responsables, sans y voir leurs noms. Cette situation crée une inquiétude palpable : où iront ceux qui, pourtant, exerçaient légalement la même activité que les autres ? Leur exclusion temporaire ou prolongée pose la question de l’équité dans le processus de relogement. À défaut d’emplacement, risquent-ils de retourner à la vente informelle, de s’installer aux abords des voies publiques ou, pire, d’abandonner une activité qui constitue leur principale source de revenus ?
Le défi du marché PK3 ne se limite pas à la modernité des infrastructures, mais à la capacité d’absorber tous les ayants droit. Le marché a été conçu vaste, mais manifestement insuffisant pour accueillir immédiatement l’ensemble des commerçants déplacés. Et dans un contexte où chacun revendique légitimement sa place, laisser des acteurs économiques sans solution claire pourrait alimenter frustrations et tensions sociales.
Des loyers jugés élevés, un appel à la baisse
Au-delà de la question des emplacements, le coût du bail cristallise les débats. Pour plusieurs commerçants, le montant de 21 000 FCFA mensuels est jugé élevé au regard de leurs marges. Dame Sarah, héritière de l’activité familiale, plaide pour une révision à 15 000 FCFA, estimant qu’un loyer plus accessible favoriserait la stabilité et l’adhésion de tous. D’autres, à l’image de M. Martin, relativisent, affirmant payer un montant similaire à Missèbo.
Ces positions contrastées traduisent une réalité économique diverse, mais convergent vers une même exigence d’une transition sans faille. Pour les commerçants encore sans place, la question reste entière. Tant qu’une réponse durable ne leur sera pas apportée, l’après-Missèbo pourrait continuer de rimer avec incertitude.
S. A