Au terme des élections législatives du 11 janvier 2026, le parti Les Démocrates (LD) a obtenu au total 451.820 voix soit 16,20% du suffrage valablement exprimé sur toute l’étendue du territoire national. Selon la décision EL 26-001 du 19 Janvier 2026 portant proclamation des résultats définitifs de l’élection des membres de l’Assemblée nationale du 11 Janvier 2026, de la Cour Constitutionnelle, ce résultat ne permet pas au parti présidé par Boni Yayi de satisfaire aux exigences de l’article 146 nouveau du code électoral. Du coup, il ne siégera pas à l’Assemblée nationale 10ème. Dans ces conditions, que fera le parti et surtout que deviendront les milliers de militants qui croient encore en ses idéaux ?
Pour défaut de parrainage, l’opposition au régime de la rupture n’aura aucun candidat à la prochaine élection présidentielle. Ce coup très dur a fissuré le parti pourtant tant adulé par les béninois visiblement fatigués par la gouvernance du régime en place. Mais comme si cela ne suffisait pas, Les Démocrates ont été recalés des communales. Là au moins, ces élections de proximité pouvaient consoler les milliers de militants qui nourrissaient l’ambition de participer à la gestion de leur cité au niveau local, mais ont vu très vite leurs ambitions bloquées à l’étape du rêve. Et comme il n’y a jamais de deux sans trois, les résultats des élections législatives du 11 janvier 2026 sont venus enfoncer le clou en éjectant les LD du parlement. Finalement, ce parti n’aura ni délégué, ni conseiller, ni maire, ni adjoint au maire, ni député et encore moins de présidentiable. Aucun élu ne portera les couleurs du parti pour au moins les 7 prochaines années. Il faudra donc attendre 2033 pour aller à la conquête de quelque poste électif que ce soit étant dispositions de la nouvelle constitution ui instaure le septennat.
Aux dernières législatives, les Démocrates n’ont pas pu satisfaire aux exigences de l’article 146 nouveau du code électoral dans 13 circonscriptions électorales sur 24 à savoir : les 1ère, 3ème, 5ème, 9ème, 11ème, 12ème, 17ème, 18ème, 20ème, 21ème, 22ème, 23ème et 24ème circonscriptions électorales. Malgré cette contre-performance, le parti a pu réunir 451.820 voix. La question qui taraude les esprits et tourmente les têtes, c’est évidemment ce que deviendront ces plis de 450 mille électeurs, sans maire ou de conseiller, et sans député. Ceux-là qui les mobilisaient ou organisaient des activités à leur profit. Depuis 2024, le parti a été privé de moyens à travers le non décaissement des fonds alloués aux partis politiques auxquels il a droit. Les frais de campagne de 2023 ne lui ont pas été restitués conformément aux exigences de la loi. Selon nos sources proches du parti, Les LD n’ont fonctionné que grâce aux cotisations de ses 28 députés réduits à 22, depuis 2024. S’il ne dispose plus d’élu, de quoi vivra désormais le parti déjà déstabilisé par les différents coups durs des différentes exclusions ajoutées aux arrestations de plusieurs de ses militants ?
A tous ces obstacles majeurs s’ajoute, pour tout clore, la trêve politique qui obligera les partis politiques surtout de l’opposition à déposer les armes pendant les 6 prochaines années, à partir de l’entrée en fonction du nouveau président de la République, conformément la nouvelle constitution.
De toute évidence, Le parti Les Démocrates est déplumé et jeté dans une ère politique très glaciale qui risque de l’achever et livrer ses milliers de militants à eux-mêmes ou pire des cas, aux partis de la mouvance.
Sans restructuration profonde et une redéfinition sérieuse de stratégies dignes d’un Parti de l’opposition qui aspire à la gestion du pouvoir, le diagnostic vital du parti est très engagé.
Norbert Adjakoun