La lutte contre la cybercriminalité au Bénin a connu une intensification notable en 2025. Avec plus de 6 500 plaintes enregistrées et environ 1 500 personnes interpellées, le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) dresse un bilan chiffré préoccupant, révélateur à la fois de l’ampleur du phénomène et de la confiance croissante des citoyens envers les institutions.
La cybercriminalité demeure l’un des défis sécuritaires majeurs au Bénin. En 2025, le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) a enregistré une hausse significative des plaintes liées aux arnaques en ligne, communément appelées « gayman ». Selon les chiffres communiqués par son directeur général, Ouanilo Medegan Fagla, plus de 6 500 plaintes ont été enregistrées sur l’ensemble de l’année, contre environ 4 000 l’année précédente.
En effet, invité d’une émission médiatique, le patron du CNIN a tenu à clarifier les raisons de cette augmentation. Contrairement à l’idée selon laquelle le phénomène serait en pleine expansion, il estime que cette hausse s’explique surtout par un regain de confiance des populations. « Les gens savent désormais qu’après avoir porté plainte, ils peuvent obtenir gain de cause », a-t-il expliqué, soulignant l’efficacité accrue des mécanismes d’enquête et de poursuite. En matière d’interpellations, le bilan est tout aussi éloquent. Environ 1 500 personnes ont été arrêtées en 2025 dans le cadre des enquêtes menées par le CNIN. Un chiffre qui doit toutefois être nuancé, précise le DG, car une seule plainte peut conduire à l’arrestation de plusieurs individus, parfois deux, trois ou même quatre personnes impliquées dans un même réseau d’arnaque.
Un autre aspect préoccupant du bilan concerne le profil des personnes interpellées. « Malheureusement, il y a beaucoup de jeunes parmi les personnes arrêtées », a déploré Ouanilo Medegan Fagla. Cette réalité met en lumière une problématique sociale plus large, liée au chômage, à l’attrait du gain facile et à la banalisation des infractions numériques chez une partie de la jeunesse. Face à cette situation, le CNIN annonce la publication prochaine d’un rapport détaillé. Ce document permettra d’avoir une vision plus précise des types d’arnaques recensées, des profils des cybercriminels et des catégories de victimes ciblées. Une démarche qui s’inscrit dans une volonté de sensibilisation et de prévention, en complément de la répression.
À travers ces chiffres, le CNIN réaffirme son engagement à lutter sans relâche contre la cybercriminalité, tout en appelant à une mobilisation collective pour endiguer un fléau aux lourdes conséquences économiques et sociales.
Gildas AHOGNI