Poursuivi pour apologie de crime contre la sûreté de l’État, le député d’opposition Soumaïla Sounon Boké a comparu ce mardi 13 janvier 2026 devant la CRIET. Mis en cause pour un message WhatsApp envoyé le jour de la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, l’élu a plaidé non coupable. L’audience, dominée par des débats de procédure, a été renvoyée au 24 février prochain.
Le procès du député Soumaïla Sounon Boké, membre du parti Les Démocrates, s’est ouvert ce mardi à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), à Cotonou. L’élu est poursuivi pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » et « incitation à la haine et à la violence », en lien avec un message publié le 7 décembre 2025, jour de la tentative de coup d’État.
Selon l’accusation, le parlementaire aurait écrit « c’est la fête » dans un groupe WhatsApp, un message interprété comme une réaction favorable aux événements de cette journée. Ce court texte a conduit à son arrestation, intervenue le 23 décembre 2025, d’après les informations de Bip Radio. À la barre, Soumaïla Sounon Boké, vêtu de blanc et affichant un calme apparent, a fermement contesté toute intention subversive. Devant la cour, le député a expliqué que le message incriminé avait été envoyé par erreur. Il affirme que son téléphone, non verrouillé et placé dans sa poche, aurait expédié le texte par inadvertance, alors qu’il rédigeait un message destiné à un autre groupe, relatif à l’organisation d’une fête traditionnelle. Il a par ailleurs réaffirmé son attachement à l’ordre constitutionnel, estimant qu’un coup d’État n’avait « aucun sens » à l’approche de la présidentielle d’avril 2026. « Quelle que soit votre décision, je m’en remettrai à la justice », a-t-il déclaré.
Il faut souligner qu’avant cette déposition, les avocats du député ont contesté la régularité de la procédure, dénonçant le recours à la flagrance plus de deux semaines après les faits. Selon eux, cette qualification a permis de contourner l’immunité parlementaire de leur client. Le parquet a rejeté ces arguments, évoquant le calendrier judiciaire lié aux fêtes de fin d’année.
En fin d’audience, la cour a renvoyé au 24 février 2026 sa décision sur la demande de liberté provisoire, une date désormais décisive pour l’avenir judiciaire du député.
Gildas AHOGNI