Malgré les critiques, dénonciations et recours, la Cour Constitutionnelle a validé la constitution révisée nuitamment le 15 Novembre 2025 et le président de la République l’a promulgué ce mercredi 17 Décembre 2025 soit un mois après son adoption par la majorité parlementaire.
Au total, 14 nouveaux articles ont été introduits dans la nouvelle loi fondamentale et 18 de l’ancienne ont été modifiés. Parmi les créations figure l’article 5.1 qui instaure une trêve qui aura essuyé des plus acerbes critiques sans que celles-ci ne puissent émouvoir ni la représentation nationale en l’occurrence la majorité parlementaire, ni les 7 sages de la Cour Constitutionnelle du professeur Dorothée Sossa et encore moins le Chef de l’État. Pendant six années, la trêve politique privera, à partir de la prestation de serment ou de l’investiture du nouveau président élu, les hommes politiques surtout de l’opposition de toutes activités politiques dans le pays. Aucune voix discordante ne pourra apprécier la gouvernance du président en exercice si ce n’est dans l’intervalle des 12 mois qui précèdent de nouvelles élections.
« Dans l’intervalle séparant deux années électorales, jusqu’à 12 mois avant l’année électorale, les forces politiques concourent dans le respect du pluralisme, à la stabilité, au renforcement de l’État et à la continuité de l’action politique. Les partis politiques d’opposition sont tenus, dans la critique de l’action publique, de proposer des alternatives ou des solutions constructives. Un Pacte de responsabilité républicaine peut être conclu entre le gouvernement et les partis politiques sous l’égide du Sénat afin d’établir un cadre de collaboration avec l’opposition en raison de la prohibition des campagnes électorales permanentes hors période non électorale. A cette fin, il est instauré une trêve politique pour compter de la date de proclamation définitive de l’élection du président de la République jusqu’à 12 mois de la fin de son mandat. Durant la trêve, l’animation politique à finalité compétitive et électorale est prohibé », stipule l’article 5.1 de la nouvelle constitution. Cette trêve constitutionnalisée retourne le Bénin aux années du PRPB c’est- à -dire à au moins 35 années en arrière où le parti unique avait encore droit de cité. Ce recul de la démocratie, si elle existe encore, a été dénoncé depuis son annonce par l’introduction de la proposition de la loi portant révision de la constitution, par les plus respectables voix du pays. Si l’opposition ne peut désormais animer la vie politique que lorsqu’elle conclut un pacte de responsabilité républicaine pour collaborer avec le gouvernement, elle se confond à la mouvance et cesse d’être opposition sacrifiant ainsi le rôle et la mission démocratique qui lui sont normalement dévolues en tant qu’opposition. La constitution révisée jugée constitutionnelle par la cour est promulguée. Que reste-t-il encore si ce n’est de la fermer au nom et pour le respect de la trêve instaurée ?