À New York, l’ONU a alerté sur une possible « crise régionale » liée à l’offensive du mouvement rebelle M23 dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). La communauté internationale craint un effondrement des efforts de paix et une crise humanitaire d’ampleur.
Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, ce 12 décembre 2025, Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix, a mis en garde contre une possible « embrasement régional » dans les Grands Lacs suite à une nouvelle offensive du groupe armé M23, accentuant un conflit déjà dangereux dans la province du Sud-Kivu.
L’offensive du M23, mouvement rebelle appuyé par Kigali selon plusieurs sources internationales, a conduit à la prise de plusieurs localités stratégiques dans l’est de la RDC, dont la ville d’Uvira, le long de la frontière avec le Burundi. Malgré un accord de paix signé début décembre à Washington entre la RDC et le Rwanda, les affrontements se sont intensifiés et les forces rebelles ont consolidé leurs positions, mettant en péril les efforts diplomatiques en cours et intensifiant les tensions transfrontalières.
Des chiffres alarmants sur les morts et les déplacés
L’escalade du conflit a entraîné une détérioration humanitaire grave. Plus de 400 civils ont été tués depuis le début de l’offensive en décembre 2025, avec des femmes et des enfants parmi les victimes, selon des autorités locales et des organisations régionales. Environ 200 000 personnes ont été déplacées dans le Sud-Kivu et aux alentours d’Uvira à cause des combats et de la prise de la ville par les rebelles, créant de nouveaux flux de réfugiés vers les zones voisines comme le Burundi.
Plus largement, la violence continue en RDC a contribué à une crise humanitaire massive qui affecte plusieurs millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays, avec près de 7 millions déjà forcés de fuir leurs foyers avant même cette offensive. Ces chiffres mettent en lumière l’ampleur de la tragédie humanitaire dans l’est du pays et la pression croissante sur les infrastructures sociales et les pays voisins.
Accusations croisées et implications internationale
La réunion du Conseil de sécurité a aussi été marquée par des accusations croisés. Les États-Unis ont critiqué le Rwanda pour son rôle dans le soutien implicite à M23, estimant que Kigali alimente l’instabilité dans la région malgré le récent accord de paix, ce que le Rwanda rejette. De son côté, Kinshasa accuse Kigali de violations du cessez-le-feu et réclame des sanctions ciblées contre les instigateurs de l’offensive.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU