L’Union africaine a condamné dimanche les frappes de drones menées le 4 décembre à Kalogi, dans le sud du Soudan, qui ont causé la mort de dizaines de civils, dont de nombreux enfants. L’organisation déplore une escalade dramatique des violences entre l’armée soudanaise et les forces paramilitaires.
Un bombardement d’une brutalité sans précédent a endeuillé Kalogi, localité du Kordofan du Sud, déjà éprouvée par près de vingt mois de guerre. Selon les autorités locales, trois frappes successives ont visé une école maternelle, un hôpital puis des civils venus secourir les blessés. Un scénario qualifié « d’atrocités répétées contre les civils » par l’Union africaine. D’après Essam al-Din al-Sayed, chef de l’unité administrative de Kalogi, les attaques seraient attribuables aux Forces de soutien rapide (FSR) et à leurs alliés du SPLM-N dirigé par Abdelaziz al-Hilu. Ces groupes, engagés dans un conflit sanglant contre l’armée soudanaise depuis avril 2023, contrôlent de vastes zones du Kordofan du Sud et du Nil Bleu.
Ce conflit fratricide a déjà fait des dizaines de milliers de morts et poussé près de 12 millions de personnes sur les routes de l’exil, l’une des plus graves crises humanitaires actuelles sur le continent. La région demeure extrêmement difficile d’accès : communications instables, routes coupées et insécurité généralisée entravent la vérification indépendante des faits.
Condamnation ferme de l’Union africaine
Dans un communiqué diffusé sur X, Mahmoud Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, s’est dit « consterné » par ces attaques, qu’il qualifie d’« horribles » et contraires au droit international humanitaire. Selon les premières estimations, plus de 100 civils auraient péri, dont des dizaines d’enfants présents dans l’école maternelle frappée en premier.
L’UA appelle à la cessation immédiate des hostilités, à une enquête indépendante et au respect des populations civiles, régulièrement prises pour cibles dans ce conflit sans issue apparente.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU