Dans la liste rendue publique le 2 décembre 2025 par le parti Les Démocrates, pour les élections législatives du 11 janvier 2026, 218 candidats titulaires et suppléants ont été dévoilés. En consultant la liste, nombre de grosses « pointures » du parti n’y figurent pas, malgré leur implication récente dans le processus interne du parti, notamment à l’occasion de la désignation du duo de candidats à la présidentielle de 2026.
Que s’est-il passé au sein du parti de l’opposition avec les nombreuses absences des personnes insoupçonnées sur la liste de la formation pour les élections législatives du 11 janvier 2026 ? La publication de la liste des 218 candidats du parti pour les législatives montre une grande surprise, celui d’un parti qui, malgré un afflux massif d’une trentaine de candidatures pour la présidentielle, choisit de proposer aux législatives une liste sans plusieurs de ses cadres les plus visibles et influents. Parmi les identités des dirigeants et cadres du parti ayant déposé un dossier pour l’élection présidentielle, mais qui ne sont pas présents sur la liste pour les législatives on compte Nourou Dine Saka Saley, Moïse Kerékou, Achilles Loko, Éric Adja, Florent Natabou, Adam Sounon Kondé, Daniel EDAH …. Ces personnalités avaient à des titres divers manifesté des ambitions importantes au sein du parti, espérant même briguer la tête de l’exécutif national. Mais pour les législatives 2026, elles sont totalement absentes de la liste des candidats. L’absence de ces cadres de marque dans la liste finale des LD interroge. Plusieurs d’entre eux font partie de ceux que le parti a considérés comme potentiels candidats à la présidence, un signe de leur importance politique et de leur visibilité dans l’opinion. En les écartant des législatives, le parti semble se priver d’actifs politiques de premier plan, capables de mobiliser des électeurs, d’attirer l’attention médiatique, ou d’assumer des responsabilités institutionnelles s’ils sont élus. Ce retrait crée un manque de visibilité et d’attractivité pour la liste, car le scrutin législatif exigera de la part du parti des figures capables de porter un message fort, de défendre l’opposition avec poids, et de garantir une présence crédible au parlement. Or en écartant ces « grosses cylindrées », le parti de l’opposition compromet de facto sa capacité à séduire un électorat large et diversifié, surtout dans un contexte où la concurrence est intense avec des cadors dans le camp de la mouvance.
Des « oubliés » en nombre
Ce phénomène ne se limite pas aux noms cités. D’autres cadres n’ont pas été retenus pour des raisons qui, à ce jour, n’ont pas été expliquées clairement par les responsables du parti. On ne sait pas et personne ne semble être en mesure de dire si ces exclusions résultent d’un renoncement volontaire des personnes concernées ou d’une stratégie interne dictée par la direction de la formation politique. Dans un cas public, l’absence de Nourénou Atchadé, deuxième vice-président du parti sur la liste législative est expliquée. Elle serait liée à un défaut de quitus fiscal. Quant à celle d’Éric Houndété, son retrait justifié par sa propre volonté de laisser place à d’autres personnes dont Judes Lodjou qui a été son suppléant pour plusieurs élections. En écartant des cadres ayant fait montre d’ambition et de visibilité, le parti Les Démocrates prend le risque de se retrouver affaibli sur le terrain et au parlement en cas de l’obtention des 20% par circonscription électorale. L’absence de « poids lourds » pourrait nuire à sa capacité à peser dans les débats, à structurer une opposition forte, et à maintenir son influence au sein de l’échiquier politique national. Cependant, cette stratégie pourrait aussi traduire une tentative de renouvellement interne en donnant la place à de nouvelles figures, peut-être moins connues mais fidèles au projet, ou davantage représentatives des régions ou des circonscriptions ciblées. Si le parti entend rester un acteur crédible de l’opposition et peser dans le jeu politique béninois, il devra expliquer ces choix.
Alassane Touré