Il y a quelques heures, la Commission électorale nationale autonome (Cena) a publié la liste des cinq partis politiques ayant validé l’étape de complétude de dossiers et devant passer à l’étape de l’étude de conformité. La décision de l’institution de valider la liste du parti Les Démocrates pour la suite du processus électoral résonne comme une victoire politique, mais surtout démocratique, dans un contexte national où les processus électoraux ont été fortement contestés au cours des dernières années.
Sauf cataclysme, le principal parti d’opposition Les Démocrates participera aux élections législatives du 11 janvier 2026. La formation politique présidée par Boni Yayi vient de franchir un cap décisif laissant entrevoir la possibilité d’une élection législative véritablement ouverte et compétitive après la décision rendue par la Commission électorale nationale autonome validant la liste pour l’étude de conformité. En effet depuis plusieurs années, les tensions autour de l’inclusivité des élections au Bénin ont alimenté les inquiétudes. Les précédentes échéances ont été marquées par des exclusions, notamment celles du parti Les Démocrates, dont les dossiers avaient été rejetés à l’étape de la complétude pour des motifs administratifs et techniques. Pour les élections communales comme pour la présidentielle de 2026, e parti n’avait même pas atteint l’étape de l’étude de conformité, car, recalé dès les premières vérifications. C’est donc un changement notable que représente la validation actuelle. En franchissant cette première barrière, Les Démocrates marquent une avancée que beaucoup considèrent comme essentielle au rééquilibrage du jeu politique et au rétablissement d’un climat de confiance entre les institutions et les citoyens. Au-delà de l’enjeu partisan, cette validation revêt une portée symbolique et institutionnelle. Elle renforce l’idée selon laquelle la démocratie béninoise peut encore se corriger et a de beaux jours devant elle, même après les nombreuses situations mises en œuvre par le régime en place qui ont entaché sa réputation. La possibilité pour l’opposition de poursuivre le processus électoral constitue une lueur pour un système qui avait particulièrement besoin de signaux d’ouverture. En permettant au parti de passer l’étape de complétude un obstacle qui avait été fatal lors des précédents scrutins, la Céna donne l’impression de vouloir mettre fin aux épisodes de suspicion, de corriger les choses et de poser les bases d’un processus plus transparent.
La suite du processus : une étape déterminante
Cette première victoire ne doit pas mettre en veilleuse les défis du parcours qui reste à accomplir. L’étape de l’étude de conformité, bien que cruciale, n’est qu’un petit pas intermédiaire franchi. De sa finalité dépendra l’acceptation définitive ou le rejet de la participation du parti Les Démocrates aux législatives du 11 janvier 2026. Il s’agit donc d’un moment crucial pour le parti qui joue ici sa dernière carte pour rejoindre le processus électoral, pour le pays qui a besoin d’un scrutin prouvant que l’exclusion systématique n’est pas une fatalité et pour les institutions, dont la crédibilité se mesure dans leur capacité à offrir un traitement équitable aux partis politiques. Dans ce contexte, la responsabilité de la Céna est pleinement engagée. Si le Bénin doit avoir, ne serait-ce qu’une fois sur trois, une élection inclusive depuis 2020, c’est bien sur ces législatives de 2026 que se joue l’occasion. Cela dépendra de tous les acteurs. La validation de la liste des Démocrates à cette étape est un premier pas, l’institution devra aller au bout de la logique démocratique en respectant la neutralité, la transparence et la justice procédurale qui doivent caractériser une commission électorale.
Alassane Touré