Confronté à une recrudescence inquiétante des kidnappings, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu annonce ce mercredi une refonte majeure du dispositif sécuritaire national. Des mesures exceptionnelles sont engagées pour juguler la menace des groupes armés qui sévissent dans le nord et le centre du pays.
Le président Bola Ahmed Tinubu a déclaré une « urgence nationale » en matière de sécurité, ordonnant un vaste remaniement des forces de l’ordre afin de faire face à la multiplication des enlèvements, notamment ceux visant des écoliers. Cette décision intervient après le rapt spectaculaire de 303 enfants dans la communauté reculée de Papiri, un événement qui a suscité une vive émotion à travers le pays.
Dans une déclaration officielle, le chef de l’État a autorisé le recrutement de 20 000 policiers supplémentaires, portant à 50 000 le nombre total de nouvelles recrues approuvées. Une mesure jugée nécessaire dans un pays où près de 100 000 policiers seraient actuellement affectés à la protection de personnalités politiques et publiques, sur un effectif total estimé à 371 000.
Tinubu a également ordonné le retrait des agents affectés à la protection de figures publiques et de célébrités, afin de les redéployer vers les régions à haut risque. Parallèlement, les gardes forestiers sont désormais autorisés à mener des opérations offensives contre les groupes armés cachés dans les zones boisées, réputées abriter de nombreux bandits.
Une menace enracinée depuis une décennie
Dans le nord et le centre du Nigeria, des groupes armés, communément appelés « bandits », sont accusés de multiples attaques meurtrières et kidnappings contre rançon depuis plus de dix ans. Bien qu’aucun groupe n’ait revendiqué l’enlèvement récent des élèves de Papiri, cet acte s’inscrit dans une série de rapts de masse qui avaient pourtant diminué ces deux dernières années.
Cette crise intervient alors que l’administration américaine intensifie ses pressions sur Abuja, dénonçant une prétendue persécution des chrétiens, accusations rejetées par les autorités nigérianes. Le gouvernement, lui, insiste sur la dimension criminelle et non confessionnelle de ces actes. Alors que le président Tinubu affiche une volonté de fermeté, l’efficacité de cette riposte sécuritaire sera scrutée de près par une population frappée par l’insécurité chronique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU