Le pape Léon XIV dimanche 23 novembre 2025, la libération de plus de 300 élèves et enseignants enlevés dans une école catholique nigériane. Face à la multiplication des attaques, le souverain pontife appelle les autorités compétentes nigérianes à agir efficacement face à cette crise sécuritaire dans les écoles.
Depuis la place Saint-Pierre, au terme de la prière de l’Angélus, le pape Léon XIV a exprimé sa « profonde tristesse » après l’enlèvement, vendredi 21 novembre 2025, de 315 élèves et enseignants de l’école catholique St. Mary, dans l’ouest du Nigeria. « J’ai appris avec une immense douleur l’enlèvement de prêtres, de fidèles et d’élèves. Je ressens une grande tristesse pour les nombreux jeunes hommes et femmes enlevés et pour leurs familles angoissées », a-t-il déclaré, appelant à une réaction urgente des autorités.
Le pontife a cet effet lancé un appel solennel pour la libération des personnes kidnappées. « Je lance un appel sincère pour la libération immédiate des otages et j’encourage les autorités compétentes à prendre des décisions appropriées et en temps utile pour garantir leur libération » a-t-il avancé. Il a aussi prié pour que « les églises et les écoles demeurent toujours et partout des lieux de sécurité et d’espérance », rappelant la vocation protectrice des espaces éducatifs et spirituels.
Cinquante évadés, des centaines encore retenus
Dimanche 23 novembre, l’Association chrétienne du Nigeria (CAN) a annoncé que cinquante élèves avaient réussi à s’échapper entre vendredi et samedi, retrouvant leurs familles. Une éclaircie dans un tableau sombre, alors que la majorité des victimes, âgées de 8 à 18 ans et représentant près de la moitié des 629 élèves de l’établissement, reste aux mains de ravisseurs armés. Les zones rurales visées sont régulièrement le théâtre d’attaques attribuées à des bandes criminelles opérant dans la brousse.
Une série d’attaques
Le rapt de St. Mary s’inscrit dans une succession d’enlèvements qui secouent le pays. Lundi 17 novembre 2025, un lycée de l’État voisin de Kebbi a été pris d’assaut, entraînant l’enlèvement de 25 jeunes filles. Le lendemain, mardi 18 novembre, une trentaine de fidèles chrétiens ont été enlevés à Eruku, dans l’État de Kwara. Face à cette insécurité persistante, de nombreuses autorités locales ont ordonné la fermeture préventive d’établissements scolaires.
Pressions internationales et réponse officielle
Ces événements ont ravivé des tensions diplomatiques, après que le président américain Donald Trump a évoqué une possible intervention militaire, dénonçant des violences visant des chrétiens. Les autorités nigérianes ont rappelé que les attaques touchent indistinctement chrétiens et musulmans. De son côté, le président Bola Ahmed Tinubu a annoncé ce dimanche sur son compte Twitter (X) la libération de 38 fidèles enlevés à Eruku et s’est félicité du retour de 51 élèves précédemment portés disparus.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU