Le Jamaïcain, géant planétaire du reggae et auteur de classiques intemporels comme Reggae Night ou Many Rivers to Cross, est mort à l’âge de 81 ans. Son épouse a annoncé son décès sur Instagram, évoquant une crise d’épilepsie suivie d’une pneumonie. La Jamaïque et le monde de la musique lui rendent hommage, tandis que revient le souvenir d’une carrière qui a façonné l’identité culturelle d’un pays tout entier.
Le monde du reggae est en deuil. Jimmy Cliff, véritable légende qui a porté la musique jamaïcaine sur la scène internationale pendant plus de six décennies, est décédé à l’âge de 81 ans. L’annonce a été faite par son épouse Latifa dans un message publié sur Instagram. Elle y exprime sa « profonde tristesse », expliquant que l’artiste a succombé à une crise d’épilepsie compliquée d’une pneumonie. Elle appelle également au respect de l’intimité familiale en ces moments difficiles, précisant que des informations complémentaires seront communiquées ultérieurement.
En effet, l’émotion est particulièrement vive en Jamaïque. Le Premier ministre Andrew Holness a salué la mémoire d’un « géant culturel » dont la musique a porté le cœur de la nation jamaïcaine à travers le monde. Il souligne la puissance d’une œuvre qui a « réconforté, inspiré et construit le respect international de la culture jamaïcaine ». Des mots à la hauteur de l’impact qu’a eu Jimmy Cliff sur plusieurs générations d’auditeurs.
Artiste complet, chanteur, compositeur, multi-instrumentiste et acteur, Jimmy Cliff laisse derrière lui un répertoire immense. Des titres comme Reggae Night, Many Rivers to Cross, You Can Get It If You Really Want ou encore sa reprise magistrale de I Can See Clearly Now ont fait le tour du monde et sont devenus des incontournables du patrimoine musical jamaïcain. Tout au long de sa carrière, il a aussi été récompensé par deux Grammy Awards, en 1986 pour Cliff Hanger puis en 2013 pour Rebirth, confirmant son statut d’ambassadeur planétaire du reggae. Il a collaboré avec des figures majeures de la musique internationale, de Sting à Kool & The Gang, en passant par les Rolling Stones. Son influence s’est également fait sentir dans l’univers du cinéma et de l’animation. Il a prêté sa voix à la bande originale du Roi Lion pour l’inoubliable Hakuna Matata. En France, il a marqué les années 1990 en partageant Melody Tempo Harmony avec Bernard Lavilliers, un duo resté culte.
Sa vie, son œuvre, son héritage
Né James Chambers le 30 juillet 1944 en Jamaïque, Jimmy Cliff montre très tôt son talent. À 14 ans seulement, il compose Hurricane Hattie, un premier succès qui lance sa carrière. Repéré par Island Records, il enchaîne les titres marquants et sort son premier disque en 1961. Le jeune prodige s’installe ensuite au Royaume-Uni et représente la Jamaïque à l’Exposition universelle de New York en 1964, contribuant à populariser le ska avant l’avènement du reggae.
Son ascension internationale se confirme en 1968 lorsqu’il remporte un concours de chanson au Brésil avec Waterfall. Puis viennent Wonderful World, Beautiful People et une série de collaborations qui l’installent parmi les géants du genre. Intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en 2010, il demeure jusqu’à la fin une figure respectée, revenant en 2022 avec l’album Refugees réalisé aux côtés de sa fille Lilty.
Jimmy Cliff laisse un héritage musical colossal : une vie dédiée à son art, un pays dont il a porté la voix et un style qu’il a contribué à universaliser. Une étoile du reggae s’est éteinte, mais son éclat continuera de traverser les générations.
Gildas AHOGNI