Depuis plusieurs mois, l’Agence de développement des arts et de la culture (Adac) se retrouve au cœur de nombreuses critiques relatives à l’atteinte de ses objectifs et à l’efficacité de ses actions pour le développement du secteur culturel béninois. Créée pour promouvoir les arts, accompagner les acteurs culturels et contribuer au rayonnement du patrimoine national, l’institution fait désormais l’objet d’une polémique d’une tout autre ampleur : sa supposée dissolution.
Depuis quelques jours, les rumeurs se multiplient et alimentent les débats dans les milieux artistiques et culturels. Selon plusieurs indiscrétions, l’Adac aurait été purement et simplement dissoute. Un élément qui pèse dans la balance pour la véracité de cette information est la modification de la présentation professionnelle du directeur général, William Codjo, sur un de ses réseaux sociaux. Ces indices semblent confirmer l’existence d’une décision encore inconnue du grand public. Pourtant, jusqu’à ce jour, aucune communication officielle n’est venue confirmer ou infirmer ces informations. Ni le gouvernement, ni le ministère de tutelle, ni les responsables de l’agence n’ont jugé utile d’apporter une clarification à un sujet qui suscite pourtant de nombreuses interrogations.
Dès lors, une question fondamentale mérite d’être posée : l’Agence de développement des arts et de la culture est-elle réellement dissoute ou non ? Et si tel est le cas, quelles sont les motivations d’une telle décision ? Le silence observé autour de ce dossier contribue davantage à alimenter les avis. Dans un contexte où la transparence de l’action publique est devenue une exigence démocratique, cette absence de communication ne fait qu’entretenir le flou.
Les populations méritent pourtant de connaître la vérité sur les tenants et les aboutissants de cette affaire. Les artistes, les promoteurs culturels, les partenaires techniques ainsi que l’ensemble des citoyens ont le droit d’être informés sur le devenir d’une structure publique créée avec les ressources de la nation. Dans une démocratie, le pouvoir appartient au peuple qui le délègue temporairement à ses dirigeants. Cette délégation implique également un devoir de reddition de comptes et d’information. Toute mesure touchant aux institutions ou aux structures de l’État doit être expliquée avec clarté afin d’éviter les incompréhensions et les polémiques inutiles.
Alassane Touré