Le président nigérian Bola Ahmed Tinubu a annulé son arrivée au sommet du G20 à Johannesburg après l’enlèvement de 24 lycéennes dans le nord-ouest du pays. Il a choisi de superviser personnellement la riposte sécuritaire face à une nouvelle attaque attribuée à des groupes armés.
Face à l’émoi national et international suscité par l’enlèvement de plusieurs élèves dans l’État de Kebbi, Bola Tinubu a décidé de suspendre temporairement son agenda diplomatique afin de coordonner les opérations de sécurité et renforcer les dispositifs de recherche. Le chef de l’État a ordonné le déploiement immédiat de forces spéciales supplémentaires, l’activation d’unités de surveillance aérienne et le bouclage des axes routiers reliant les zones forestières, considérées comme des repaires de bandits.
Selon des sources sécuritaires, des patrouilles mixtes combinant armée, police et milices locales ont été mobilisées pour ratisser les forêts environnantes, tandis que des points de contrôle ont été renforcés dans les États voisins de Zamfara et de Sokoto. Tinubu a également exigé une coopération accrue avec les chefs traditionnels pour faciliter les renseignements de terrain.
L’attaque s’est produite lundi à l’aube lorsque des hommes armés ont pris d’assaut le dortoir de la Government Girls Comprehensive Secondary School de Maga, après avoir échangé des tirs avec les forces de police. Un membre du personnel a été tué, tandis que 24 jeunes filles ont été emmenées vers une destination inconnue. Bien qu’aucun groupe n’ait revendiqué l’assaut, les autorités pointent les gangs criminels dénommés « bandits » opérant dans la région. Depuis le rapt des 276 lycéennes de Chibok en 2014, plus de 1 500 élèves ont été enlevées dans le nord du Nigeria, illustrant une insécurité persistante.
Un premier en Afrique
Le report du voyage de Tinubu intervient alors que le G20 de Johannesburg constitue le premier sommet de ce groupe organisé en Afrique depuis sa création en 1999. Parmi les dirigeants attendus figurent Emmanuel Macron, Narendra Modi, Lula da Silva et Cyril Ramaphosa. En revanche, Vladimir Poutine et Xi Jinping ont annoncé leur absence.
Le président Donald Trump quant à lui, avait déclaré au cours d’un forum à Miami qu’ « aucun responsable du gouvernement américain » ne participera à ce G20. Les raisons évoquées sont des accusations de « violations des droits de l’homme » en Afrique du Sud, notamment contre les Afrikaners blancs. Le ministère sud-africain des relations internationales a indiqué que le sommet se tiendra « avec ou sans Trump ».
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU