Le mercredi 19 Novembre 2025, la Commission Électorale Nationale Autonome (Cena) a fermé ses portes aux dépôts des dossiers de candidature pour les élections législatives du 11 janvier 2026. Au total, six formations politiques ont pu faire cette formalité dont la validité ou non sera constatée par l’institution présidée par Sacca Lafia. Mais ces six partis politiques sont tous, pour l’instant, dans une incertitude noire quant à leur participation à ce scrutin, sauf deux notamment l’UP-R et BR dont les dossiers à tous les coups sont irréprochables.
L’union Progressiste le Renouveau (Up-r), le Bloc Républicain (Br), Les Démocrates (LD), Forces Cauris pour un Benin Emergent (FCBE), Moelle-Bénin et Grande Solidarité Républicaine (Gsr), sont les six partis qui ont pu déposer leurs dossiers à la Cena dans le délai, ce mercredi. Une belle brochette de formations politiques qui pourront valablement donner un cachet bien spécial au scrutin, surtout à son côté festif comme ce fut le cas les années avant l’avènement du régime de la rupture en 2016.
Le 1er Avril 1991, les premières élections législatives de l’ère du renouveau démocratiques étaient de grandes fêtes qui ont connu la participation de de 15 partis politiques. En 1995, c’était un total de 31 listes de partis politiques qui ont discuté les 83 sièges de la deuxième législature. La participation de la classe politique s’est accrue à la troisième élection des députés avec, en 1999, 35 formations politiques en lice. L’engouement a été moins enregistré en 2003 où seulement 12 partis et alliances de partis politiques se sont livrés au jeu démocratique pour la composition de l’Assemblée Nationale quatrième législature. En 2007, ce sont 26 formations et alliances de partis politiques qui sont allés en compétition pour siéger au Palais des Gouverneurs à Porto Novo. 19 formations politiques sont allées aux législatives de 2011 et 21 étaient en lice en 2015. De véritables moments de fête où le peuple béninois célèbre sa démocratie pacifiquement et sans incident dommageable au vivre ensemble. Mais en 2019, la première élection organisée sous le régime dit de la rupture a tout désaxé. C’est seulement 02 partis politiques tous de la mouvance présidentielle qui ont été autorisés à participer aux élections créant de violents affrontements avec morts d’hommes, arrestations et emprisonnements. S’en est suivi l’installation d’une Assemblée monocolore décriée par tous. En 2023, le jeu a été un peu ouvert permettant à 07 formations politiques de prendre part au scrutin pour ensuite en autoriser seulement 03 à siéger à la 9ème législature, l’Up-r, le Br et Les Démocrates.
Tout point fait, aucune des élections législatives n’a enregistré moins de dix partis ou alliances de partis politiques de la mouvance comme de l’opposition, entre 1991 et 2015 avant qu’en 2019, ce compteur baromètre de la bonne santé de la démocratie béninoise ne chute drastiquement sous le poids des reformes politiques du régime de la rupture. Pour les législatives de 2026, seulement 06 formations politiques ont pu déposer leurs dossiers à la Cena et bien malin qui pourra dire combien parmi eux pourront être autorisés à participer à ces scrutins.
De 1991 à 2016, il y avait de vraies compétitions électorales dignes de la démocratie béninoise exportable et exportée. Les élections de 2026 surtout législatives seront-elles inclusives et démocratiques avec plusieurs partis notamment ceux de l’opposition en compétition ? Le président de la Cena Sacca Lafia, le président de la Cour Constitutionnelle Dorothée Sossa et le président de la République Patrice Talon détiennent absolument cette clé qui permettra la vraie compétition électorale lors de ces législatives surtout que l’opposition a été déjà exclue de la présidentielle et des communales.