Plus de quarante mineurs artisanaux ont perdu la vie ce week-end sur le site de Kalando, dans la province du Lualaba, à la suite d’une bousculade provoquée par des tirs attribués aux agents chargés de sécuriser la mine. Le drame s’est produit dans la carrière de Mulondo, à une quarantaine de kilomètres de Kolwezi.
Selon les informations recueillies, le site, officiellement exploité par la société Pajeclem avec un partenaire chinois, Pan Kai, ouvrait ses portes aux creuseurs artisanaux durant le week-end pour des motifs sociaux. C’est dans ce contexte que des hommes en uniforme auraient ouvert le feu pour empêcher une sortie jugée désordonnée, provoquant un mouvement de panique.
Me Donat Kambola, coordonnateur de l’Initiative pour la Bonne Gouvernance et les Droits Humains (IBGDH), affirme qu’il ne s’agit pas d’un éboulement. « C’est la conséquence des balles tirées sur un site géré par une entreprise chinoise », explique-t-il. Il précise également que l’entreprise avait creusé une profonde tranchée pour contrôler les flux d’accès. « Sous la panique, les creuseurs se sont précipités sur un pont de fortune qui s’est effondré », ajoute-t-il.
À la suite de la tragédie survenue dimanche matin (16 novembre), le Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE) a ordonné l’arrêt immédiat des activités afin de permettre une évaluation technique du site. L’organisme a rappelé l’interdiction faite aux partenaires techniques de creuser des tranchées, une pratique jugée dangereuse pour les mineurs et l’environnement.
Ce lundi matin, l’avion transportant le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, vers Kalando s’est écrasé à l’aéroport de Kolwezi, sans faire de victimes.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU