Le gouvernement tanzanien a annoncé l’ouverture de poursuites pour « complot » et « trahison » à l’encontre d’environ 240 citoyens, suite aux violences qui ont éclaté après la réélection de la présidente Samia Suluhu Hassan.
Des semaines après l’élection du 29 octobre 2025, marquée par une victoire officielle à près de 97 % pour la candidate sortante, les autorités ont inculpé un grand nombre de personnes, majoritairement des manifestants et des présumés organisateurs, en les accusant d’avoir délibérément voulu « entraver » le processus électoral.
Les poursuites portent sur des accusations de trahison, un crime passible de la peine de mort dans certaines circonstances en Tanzanie. Les autorités soutiennent que les inculpés ont participé à l’organisation de rassemblements ou d’actions violences visant à déstabiliser le scrutin. Ces charges surviennent alors que les principaux partis d’opposition étaient exclus du vote et que des centaines de manifestants auraient été tués lors de l’élection.
Des organisations internationales et des observateurs ont dénoncé un climat électoral « non conforme aux standards internationaux », avec bouclages, arrestations arbitraires, coupures d’internet et usage excessif de la force. La levée d’une procédure aussi massive – 240 inculpés – suscite des interrogations sur l’indépendance de la justice et la possibilité d’un retour vers un régime plus autoritaire.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU