Le Mali fait face à une dégradation rapide de son climat sécuritaire, poussant le Ministère français des Affaires étrangères à lancer, le 7 novembre 2025, un appel au départ immédiat de ses ressortissants. Dans la capitale et les régions, les attaques jihadistes et la crise de carburant alimentent un effondrement progressif des services publics.
La France recommande désormais à « tout ressortissant français présent au Mali de prévoir un départ temporaire dès que possible », en précisant que les vols commerciaux restent les seuls modes de retrait sûrs et qu’il est formellement déconseillé d’emprunter les routes nationales.
Cette mesure, rarement adoptée pour un pays d’Afrique de l’Ouest, reflète l’ampleur de la crise : une offensive logistique des groupes jihadistes, notamment le Jama’at Nusrat al‑Islam wal‑Muslimin (JNIM), qui bloque le ravitaillement en carburant et cible les infrastructures vitales.
Depuis plusieurs semaines, la situation se détériore même à Bamako. Le ministère français souligne que « la situation sécuritaire se dégrade depuis plusieurs semaines, y compris dans la capitale ». Le groupe JNIM, affilié à Al‑Qaïda, impose un blocus sur les importations de carburant et mène des attaques sur les convois terrestres.
Le blocus du carburant provoque une pénurie à grande échelle, obligeant les autorités à fermer écoles et universités, et provoquant des coupures d’électricité à Bamako. Les axes routiers sont devenus des zones à haut risque, et l’armée malienne peinerait à sécuriser les flux d’approvisionnement. La France par cette annonce, emboîte ainsi les pas des États Unis, de l’Italie ou de l’Allemagne.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU.